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 Le temps n'est qu'un partenaire de jeu du sort qui s'amuse avec l'avenir

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YY

pseudo : Andy
avatar : Jung Il Woo
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here since : 09/01/2012
points : 25117
animal de compagnie : Nabi, une petite renarde de type fennec ❤
ma baguette : mesure 27,1 cm, est non flexible, possède un cœur de ventricule de dragon et est en bois de sycomore. Ces baguettes aiment les quêtes. Mais attention : celles -ci risquent de prendre feu si elles s'ennuient ! On peut se douter que le possesseur idéal de cette baguette aime l'aventure, est curieux et possède une grande vitalité. Elle montrera également une grande capacité d'apprentissage si le propriétaire lui convient.
wizard's spellbook :
→ Éviter à tout prix Seo Ok pour éviter d'être ennuyé par cette fausse idiote. Et puis, elle se colle trop à mon zooplancton.
→ Ne pas frapper Mookyûl, pas s'énerver. Juste sourire même quand il est vraiment proche des tentacules de sa sainteté.
→ Penser à arrêter de remballer Mae, ça sert vraiment à rien. Communiquer avec elle est une chose impossible.


MessageSujet: Le temps n'est qu'un partenaire de jeu du sort qui s'amuse avec l'avenir   Sam 28 Jan - 14:49

On dit que le temps passe vite si l’on s’amuse et qu’il devient subitement lent lorsqu’on s’ennui. On dit que le temps efface tout. Mais c’est faux. Et Hyuk le sait plus que quiconque. Il sait que lorsqu’il s’est réveillé ce matin, il espérait que le temps efface ses mauvais souvenirs. Il aurait souhaité qu’en sortant de son lit, ses cauchemars restent sur son oreiller. Il a souvent prié pour égarer ses pensées au bord d’un chemin. Mais jamais cela ne s’est fait. Alors quand il s’est regardé devant un miroir ce matin, il s’est dégouté lui-même. Parce que tout ce qu’il avait fait jusqu’à présent n’avait pas été effacé par le temps. Et tout cela parce qu’il possède ce que les gens appellent une conscience. Une foutue conscience qui lui ronge sa pseudo morale, ses convictions et son attitude. Hyuk était connu comme une personne serviable, souriante et amicale. Tromperie. Il n’est qu’un beau menteur au sourire d’ange. Il n’est qu’une façade qui ne tombera jamais en publique. Il n’est qu’un hypocrite sans honte. Pourtant, dans tous ce qu’il fait, dans les mensonges et la méchanceté qu’il a un jour distribué, il y a des choses qu’il n’arrive pas réellement à accepter. N’arrivant pas à se donner le pardon qu’il aurait souhaité. Il y a d’abord sa cousine. Seo Ok. Il n’a pas vraiment détesté la jeune fille par envie ou décision personnelle. Il a plutôt suivi ce que ses parents lui disaient. Comme toujours. Et jusqu’à présent, il n’avait jamais remit ses actions en question. Pourtant tout change. Et s’il est devenu un abrutit sans honte, il n’en est pas toujours fier. Surtout quand c’est lui qui décide de la fin. Surtout quand c’est lui qui décide tout court. Une des choses qu’il regrette quelque peu, c'est son ami d’enfance. Lee Mookyûl. Le seul avec qui il n’a jamais été autant lié. Il l’adorait. Il était réellement sincère avec lui.

« Moo ! Tu crois que lorsqu’on aura l’âge de nos parents, on sera encore amis ? »
Il n’avait jamais été élevé dans la croyance des liens sociaux. C’est sans doute pour cela qu’il est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Ses parents n’ont pas pris la peine de s’étendre sur l’amitié, la loyauté ou la fraternité. Tout n’était qu’une question d’avantage, de préférence et d’intérêt. Les relations doivent avoir une certaine utilité. Tout à une finalité. Tout doit avoir un certain profit. Alors l’enfant n’arrivait pas trop à cerner ce qu’ils étaient. Mookyûl et lui. Étaient-ils amis ? Faisaient-ils ça pour leurs parents ? Et le cœur du petit Hyuk fut surpris par le sourire qu’avait affiché Mookyûl. Il n’avait rien dit. Il lui avait juste pris la main en observant le ciel rempli d’étoile. « Il suffit d’y croire parfois pour que les choses deviennent vraies Hyuk. » Hyuk se souvient de la joie qu’il a ressentit à cet instant. Il savait alors que tout ce qu’il avait vécu était le résultat de ses choix et de ses envies. Les années passèrent et les enfants grandirent. Et l’adolescent oublia les paroles de son ami. Il suffit d’y croire ? Mais si on n’y croyait plus ? Que faire si le temps vous avez tellement changé que vous n’imaginez plus d’avenir ? Que votre être est devenu totalement l’opposé que le futur n’est pas envisageable ? Hyuk adorait encore Mookyûl. Il était son ami. Il restait sincère avec lui. Il voulait continuer de le voir sourire et rire. Mais au fond de lui, il savait qu’il avait trop changé. Il avait vu les regards de son ami quand il agissait avec hypocrisie. Il avait entendu les petites réflexions de son ami pour lui signaler que son comportement n’était pas approprié. Il aurait voulu changer une nouvelle fois mais il n’y arrivait pas. Ils ont mis fin à cette amitié d’une manière honnête et propre. « On ne se correspond plus Moo. Je vais continuer ma route. Seul. » Hyuk ne se souvient plus des paroles de son ami. De la réponse qu’il lui a donné. Mais c’est encore un mensonge. Il ne veut plus s’en souvenir. Il ne veut plus savoir. Cela lui ferait bien trop mal. Il souffrirait bien trop. Et ça, il ne veut plus. Il sait qu’ils n’ont pas échangé beaucoup de paroles. En revanche, il sait que le soir, il a pleuré d’une perte qu’il ne pouvait éviter.

Plus tard, lorsqu’ils eurent à nouveau l’occasion de se croiser, Hyuk n’arriva pas à accepter la situation. Trop nostalgique, il remplaça la colère en haine. Et il se mit à rejeter son ancien ami. Il se mit à être désagréable avec lui. Ils auraient pu rester en bon terme mais cela aurait rappelé à Hyuk ce qu’il n’aurait pas perdu s’il n’avait pas changé. Alors il s’y refusa. Il préférait lancer des paroles blessantes à leur rencontre plutôt que de gentilles salutations. C’était cruel et égoïste mais c’était sa meilleure façon de se protéger. De lutter contre la colère qu’il avait contre lui même. Le temps a pourtant calmé les choses. Il encaissait mieux ce qu’il avait causé. Si bien que con monde était devenu calme. Son hypocrisie le protégeant agréablement des amitiés qu’il ne voulait plus lier. Et il le rencontra. Lui. Yong Hae. C’était durant l’enfance. Il avait d’abord refusé d’admettre que ces envies de voir et de connaître le garçon soient assimilés à de l’amour. Il s’était donc menti à lui-même. Comme un être incertain, il se forçait à penser à autre chose. À trouver des excuses. Et la perte de Mookyûl lui ouvrit la porte de la vérité. Tout comme ses regrets étaient réels, son amour l’était tout autant. Alors, à Akiwa, il a commencé à observer le garçon. Prenant de plus en plus d’affection en découvrant la façon d’être du sorcier. Cependant, le sort s’est joué de lui car il découvrit avec horreur que ses heures d’espionnages étaient gâchés par un être : Lee Mookyûl. L’ami qu’il avait rejeté et fuit avait la chance d’être ami avec Yong Hae. Hyuk prit très mal la nouvelle. Redoublant de colère et de haine envers son ancien ami. Il était entré dans un cercle vicieux dont il était le seul responsable.

Alors n’allez pas dire à Hyuk que le temps efface tout. Le temps ne calme rien. Il ne fait qu’aggraver les situations déjà compliquées. Il se joue de l’avenir des mortels et se divertit avec leur douleur. Mais alors, qu’est-il allé faire dans la salle du temps ? Pourquoi s’être rendu dans cet endroit ? À la base, Hyuk cherchait de la tranquillité. Après avoir observé le reflet de son visage, il s’était dégouté lui-même. L’être qu’il avait sous les yeux n’arrivait pas toujours à être aussi fort qu’il l’aurait voulu. Il avait donc enfilé son uniforme avec soin, comme l’être parfait qu’il voulait refléter. Il avait prit le temps de jouer avec sa baguette pour ajuster ses vêtements ou recoiffer ses cheveux. Puis il était sortit du dortoir. Et il avait atterrît ici. Dans la salle du temps. Jadis, c’était un endroit merveilleux que Hyuk appréciait énormément. À présent, elle semblait bien piètre. Aucune horloge n’était en marche. Et cela représentait tellement bien son état d’esprit qu’il prit goût à flâner sans but dans la pièce. Observant ce qui était un jour d’une beauté sans comparaison. Il avait prit le temps d’observer les aiguilles figées en silence. Passant les doigts sur la vitres en se disant qu’il aimerait avoir un retourneur de temps. Il prendrait le temps de s’asseoir pour s’observer jouer avec Mookyûl. Il irait chuchoter à l’oreille de la petite Seo Ok qu’un jour tout ira mieux. Il irait souffler à l’oreille de son petit lui-même de ne plus suivre l’éducation des parents de Seo Ok et des siens. Mais au final, il ne serait plus lui-même. Il se mit donc à rire de ses réflexions futiles et se détourna de l’horloge. Il voulait sortir car, après tout, ce n’était peut-être pas une si bonne idée d’être venu ici. Il se dirigea donc vers une des portes et fut surpris de rencontrer le verrou. C’était bien son jour. La salle n’était plus censée être magique. Enfin, les horloges. C’était sûrement ça le problème. Juste les horloges.
« Quelle connerie cette école… » Se croyant seul, le Yunikon avait parlé avec franchise. Sans prétendre être le garçon parfait au sourire rempli de charme et de bon sens. Il avait même donné un léger coup de pied dans la porte avant de se retourner et de tomber nez à nez avec la personne qu’il voulait le moins voir en cette journée maudite. Si son cœur était remplit d’une certaine joie, son esprit était totalement affolé. Il n’avait pas prévu de se retrouver dans cette pièce avec lui. Il ne prit donc pas la peine de sourire à Mookyûl, détournant rapidement son regard pour se diriger vers l’autre porte. Également fermée. Il pesta silencieusement, se retourna en affichant un sourire tantôt faux tantôt moqueur. Posant ses prunelles dans ceux du Muneo, il hésitait entre lancer une réplique sarcastique ou lui demander s’il savait quelque chose. « Je doute que tu ais eu la folie de vouloir t’enfermer avec moi, je me trompe ? » Il faut être réaliste : pour que Mookyûl s’amuse à s’enfermer dans une pièce avec lui, cela signifierait que le Muneo est devenu fou. Or, Hyuk pouvait voir dans la sublime joie rempli d'ironie que dégageait son visage que Mookyûl n’était pas devenu aliéné. « Tu peux m’expliquer ce que tu fous ici ? Non en fait tais-toi, je veux même pas t’entendre. » Ou plutôt Hyuk se doutait que Mookyûl allait l’envoyer balader. Alors autant prendre les devants. Le Yunikon tourna un moment en rond pour chercher une solution avant de relever la tête vers son ancien ami. « Sincèrement, ta tête me donne toujours autant envie de la claquer. Mais bon, c’est pas nouveau tu vois. T’es tellement resté gamin qu’au final, encore aujourd’hui je ne m’imagine pas avoir une discussion normale avec toi. » Que de mensonges dans la bouche du sorcier. Oh que oui il pouvait s’imaginer échanger des mots de toute logique avec Mookyûl. Mais plutôt au combien il ne voulait pas. Pour préserver son cœur. Pour préserver son esprit. C’était ça, son complexe : se faire souffrir pour mieux se protéger. Hyuk retira brutalement une veste qui était de trop sur ses épaules et la jeta à terre. Il prit sa baguette et tenta plusieurs sorts contre les portes. Aucun n’eut d’effet. Tout était inutile. Il y mettait pourtant toute sa volonté. Mais son esprit était encore trop préoccupé par la personne derrière lui.
« Tu voudrais pas aider un peu ? Je sais que tu n’es pas très intelligent mais tu pourrais faire des efforts ! » Pourquoi autant critiquer sur des choses infondées ? Des choses qu’il sait fausse ? Parce que Hyuk n’attaquera jamais sur les informations que Mookyûl lui a confiées durant leur enfance. Jamais il ne se servira de ces paroles pour attaquer sur un conflit d’aujourd’hui. Hyuk avait une morale et un cœur. Bien qu’il ne l’ait découvert que récemment. La situation lui a sans doute fait perdre les pédales qu’il envoya un sort inapproprié contre la porte et le sort ricocha pour lui atterrir sur la main. Sa baguette alla s’envoler des mètres plus loin. Il sentit une vive douleur sur sa peau et lorsqu’il posa les yeux dessus, il jura plusieurs fois. Une belle et grosse brûlure sur la pomme. Quelle idée de vouloir faire fondre le verrou. Enfin... sa main droite sentait une sale odeur et il se mordait la langue pour ne pas injurier la salle. Il fit demi tour, ramassa sa baguette avec sa main gauche et se retourna vers Mookyûl. « Qu’est-ce que tu regardes ? Tu veux pas plutôt nous faire sortir d’ici plutôt que de rêver ? » Ah, la gentillesse est un bien grand mot quand il s’agit de Mookyûl. Et il sait parfaitement que ce soir, il s’en voudra d’avoir été un bel abrutit. Mais ça, sur le moment il s’en contrefiche. Il pense plutôt dans l’état dans lequel il est à cause d’avoir croisé son ancien ami par hasard. De se retrouver coincé ici par hasard. Et de se faire ridiculiser devant lui par hasard. Hyuk hait le hasard. C’est un abrutit qui s’amuse avec le temps et le sort dans le but de rendre fou de pauvres mortels.
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ma baguette : elle mesure 21,5cm, est très flexible, possède un cœur de crin de licorne et est en bois de cèdre. les sorciers possédant une baguette en bois de cèdre, surtout lorsqu'elle est accompagnée d'un cœur de crin de licorne, sont généralement les plus loyaux et les plus fidèles. ils cachent un caractère bien trempé, selon certains marchands ! on dit qu'on ne peut jamais les berner, et la baguette en bois de cèdre ne se sent à l'aise que dans la perspicacité et le discernement. jamais on n'aura l'idée de mettre en colère un possesseur d'une telle baguette, surtout si c'est en attaquant un de ses proches ! tu représentes un adversaire potentiel redoutable, et ta magie, lorsqu'elle atteint sa maturité, est très consistante.
wizard's spellbook :

FICHE LIENS
♦ Convaincre Yong de s'excuser auprès de Seo Ok
▬ C'est pas gagné, mais on va pas baisser les bras.
♦ Éviter une rencontre aussi malencontreuse que désastreuse entre les frères Ahn
▬ Ça... Ça devrait aller...Peut-être... Je pense... J'espère...
♦ Éviter les situations awkward avec Ji Eun
▬ C'est déjà assez compliqué comme ça, alors on va éviter que ça parte en live
♦ Ne pas laisser de distance s'installer avec Mae, sinon c'est foutu
▬ Plus facile à dire qu'à faire, notre relation est en train de s'effriter à vitesse grand V, et tout ça à cause de ce type. Ça me rend fou, mais je veux pas non plus la perdre.
♦ Rester calme avec Hyuk, surtout ne pas perdre son sang froid
▬ C'est pas gagné, surtout en ce moment avec Mae. Et ça s'appelait un jour mon ami. Des conneries.
♦ Ne pas céder et aller voir Lucy pour oublier mes problèmes entre ses bras
▬ C'est vraiment, vraiment tentant, s'envoyer en l'air et oublier tout le reste pendant quelques instants sans se poser de questions... Mais en même temps ce serait vraiment moche pour Mae, je sais pas si ma conscience me le pardonnerait.
♦ Découvrir se qui se trame vraiment entre les jumeaux Choi
▬ Parce que même si j'adore jouer les futurs fiancés avec Min Ah et malmener un peu la fierté de Min Hyeok, j'aimerais bien avoir le fin mot de cette histoire.
♦ Ne pas se mettre à fumer
▬ C'est pas gagné... A force de voir les gens autour de moi fumer et de voir mes problèmes s'accumuler, ça commence à devenir tentant pour passer mes nerfs...


MessageSujet: Re: Le temps n'est qu'un partenaire de jeu du sort qui s'amuse avec l'avenir   Lun 30 Jan - 14:58

Gris, pluvieux, brumeux, venteux, humide, froid et désagréable. C’était ainsi que l’on pouvait résumer le temps en cette journée morose. Personne n’osait pointer le bout de son nez dehors et, la météo désolante semblait se refléter sur tous les habitants du château. Tous semblaient moins vivants que d’habitude. Les cours semblaient plus long que d’habitudes, les voix des professeurs plus monotones et trainantes que jamais. Les étudiants se rassemblaient dans les lieux communs, là où ils faisaient le plus chaud, pour écouler ce qui restait de la journée. Il était vingt heures. Déjà, seulement. S’il fut étonné qui soit déjà si tard, Mookyûl avait cependant eut tout au long de la journée l’impression quasi-engourdissante que le temps s’égrainait plus lentement qu’à l’accoutumé. Il se laissa même à penser pendant un moment que cette journée ne finirait jamais. En même temps, c’est toujours ainsi lors de journée pareille ? On dirait que le monde entier tourne au ralentit, comme s’il avait été anesthésié et trainait de la patte. Et avec ça, cette sensation désagréable que le temps lui-même semblait s’étirer encore et encore à l’infini, sans jamais vraiment parvenir à son but. Heureusement que ce n’était qu’une impression illusoire née de nos sens brouillés, car le contraire aurait de quoi aliéner plus d’un esprit bien portant. C’était tout du moins ce que pensait Mookyûl. Ce genre de journées, avaient le don de mettre ses nerfs et sa patience, pourtant solides, à rude épreuve.
C’est ainsi qu’après le diner, il s’était retrouver à errer au hasard dans les couloirs du château. Il n’avait pas spécialement envie de se mêler au reste des étudiants ce soir. Pas plus qu’il n’avait envie de s’attarder chez un camarade en particulier, surtout que certains parmi ceux qui lui étaient le plus proche, lui causaient pas mal de soucis en ce moment. Hors, il n’avait pas envie de se prendre la tête avec des problèmes après une journée qui l’avait déjà épuisé. Il voulait juste se détendre et laisser la pression et la fatigue de la journée glisser de ses épaules avant d’aller se coucher. Après quelques temps de déambulation hasardeuse, il se trouva face à l’une des portes de la salle du temps. Ironiquement, c’était en cet endroit qu’il venait le plus souvent chercher le calme et la sérénité quand il avait besoin de réfléchir. La salle avait peut-être perdu toute sa superbe suite à la désastreuse bataille qui mit le château sans dessus-dessous et qui couta la vie au directeur, et le tic-tac régulier et impassible des horloges à présent figées dans le passé, n’était plus la pour le bercer lui et le fil de ses pensées, mais cela restait tout de même ce qu’il considérait un peu comme son sanctuaire, ou son boudoir personnel. Cette salle n’étant pas le lieu de fréquentation privilégié des étudiants, il était toujours à peu près sûr d’y trouver la tranquillité qu’il recherchait quand il avait besoin de se vider l’esprit, de réfléchir, ou tout simplement quand il voulait pouvoir lire un livre sans être dérangé. Il s’était toujours dit que cette pièce lui ressemblait un peu. Immuable et tranquille. Et même maintenant, en étant figée, elle lui ressemblait toujours : inchangée, mais fixée sur un point du passé dont elle ne peut se détacher. Comme lui avec la mort de sa mère qui avait semblé voler le temps de la famille entière.
Il hésita un instant avant de poser la main sur la poignée de la porte et de l’abaisser doucement. Il pénétra dans la pièce silencieusement, la balayant d’un regard presque nostalgique. Il éprouvait souvent ce sentiment en pénétrant dans la pièce depuis la bataille. Presque comme si ces sensations n’était pas les siennes. On aurait presque pu croire que cette pièce pleurait la disparition d’Akiwa tel qu’il la connu, ainsi que son défunt directeur. Alors qu’il refermait la porte, il entendit en petit déclic se produire au niveau de la serrure, lui indiquant que la porte venait de se verrouiller toute seule. Surpris, il fronça les sourcils, et alors qu’il voulu tenter de l’ouvrir malgré le bruit et mouvement très équivoque de la serrure, un autre bruit attira son attention. Des pas légers et le froissement de vêtements. Il n’était donc pas seul. Il fronça davantage les sourcils, jeta un nouveau regard dubitatif à la poignée de la porte. La salle était-elle en train de faire un caprice ? Mais comment et pourquoi maintenant ? Elle était restée silencieuse, en sommeil tout ce temps, alors comment ce faisait-t-il qu’elle… ? Il eut sa réponse en reportant l’autre occupant de la pièce qui venait de décocher un coup de pied à l’autre porte de la pièce, fermée elle aussi apparemment, en laissant échapper un juron visiblement mécontent. « Quelle connerie cette école… » Il se figea. Cette voix, il la connaissait. Il la connaissait même très bien, il aurait pu la reconnaître entre mille. Après tout, on n’oublie pas si facilement la voix de celui qui fut autrefois votre meilleur ami. « Hyuk ! » Hyuk, celui qui fut autrefois son meilleur ami, son premier ami en dehors de sa famille. Pourtant, aujourd’hui il était bien loin de ce garçon qu’il adorait comme un grand-frère. Elle est loin la candeur et l’honnêteté innocente de l’enfance. Le temps qui passe apporte avec lui son lot de peines et de changements. Hyuk fut l’un d’eux. Petit à petit, mais sûrement, son ami avait changé, et pas pour le meilleur. Il l’avait vu, installé aux premières loges, se muer en un hypocrite qui prenait les gens de haut. Il avait vu le fossé se creuser petit à petit et les séparer en les déposants chacun sur le rive opposé du fleuve de la vie.
« Moo ! Tu crois que lorsqu’on aura l’âge de nos parents, on sera encore amis ? » “Moo”, ce surnom qu’il était le seul à lui donner. Et cette phrase qu’avait prononcé Hyuk durant leur enfance et qui résonnait aujourd’hui encore ses oreilles, comme si elle venait d’être prononcée, comme si s’était hier. Il se souvenait encore du regard qu’il avait lancé à son ami. Un regard amusé et complice, accompagné d’un petit sourire en coin, l’air de dire, « t’es bête ou quoi ? ». Leur petites mains s’étaient jointes dans la pénombre et en sous le ciel étoilé d’août il se souvint de ces quelques mots qu’il avait alors prononcé. « Il suffit d’y croire parfois pour que les choses deviennent vraies Hyuk. » Il suffisait d’y croire, hein ? Comme c’était naïf et ignorant. Oh, bien sûr, une des clés de la réussite de toute chose est avant tout d’y croire. Mais seulement y croire ne suffit pas. On peut comparer ça au feu. Il est facile de l’allumer, mais si après on ne l’entretient pas, il meurt. C’est pareil dans la vie, que se soit pour son avenir professionnel, son avenir, ses rêves et surtout ses relations avec les autres. Si lui n’avait jamais changé, un tait qui semblait être familial, ce n’était pas le cas de beaucoup de gens. Les gens ne sont pas statiques, ils bougent, évoluent et changent en fonction de leur caractère, de leur environnement et de leurs besoins. Hyuk avait été de ceux-là. Il avait évolué pour correspondre au moule familiale dont les contours avaient été définis par ses parents. Et bientôt il reconnaissait plus… il ne connaissait pas l’adolescent qui lui faisait face. Pourtant Hyuk redevenait le garçon de ses souvenirs avec lui. Avec lui seul il restait honnête. Peut-être aurait-il dû se sentir flatté ou rassuré, mais cela ne fit, au contraire, qu’accentuer son malaise. Et il commença à mettre lui-même de la distance entre eux. D’autant que les regards emplis de reproches et les remarques qu’il lui faisait parfois, ne laissaient pas de doute quant à ce qu’il pensait de l’attitude du Hyuk. Et il savait que son ami avait parfaitement compris qu’ils étaient en train de dériver loin l’un de l’autre. Ainsi, quand vint finalement la fin, il n’en fut même pas surpris. Il y avait d’ailleurs songé depuis un moment. Ce fut rapide et propre. Pas d’éclat, pas d’émotion. Rien. Quand Hyuk avait demandé à lui parler lors d’une réception organisée par la famille de Mookyûl à la demeure familiale, il avait su avant même que son futur ex-ami ne parle. « On ne se correspond plus Moo. Je vais continuer ma route. Seul. » Voilà, c’était dit. Le regard de son ainé le fuyait imperceptiblement alors qu’il conservait le silence. Il laissa un soupir lui échapper. C’était étrange, il s’était attendu à ressentir quelque chose, une émotion quelconque, mais rien. Il avait l’esprit résolument vide. Alors il prit la parole, pour en finir une bonne fois pour toute. « Bien. Je voulais te tenir les mêmes propos, mais tu m’as devancé, alors il n’y a plus rien à dire je crois. Je suis simplement content que tu aies pu comprendre toi aussi que cela ne servait plus à rien de continuer cette mascarade. Au moins on a pu finir ça proprement, en personnes matures et responsables. Au moins on n’aura pas eu à salir le passé, c’est une bonne chose. Sur ce, si tu veux bien m’excuser, mes amis m’appellent…, avait-il dit en désignant un petit groupe d’adolescent qui l’appelait en faisant des signes de la main, Portes-toi bien Hyuk-nim. Au revoir. » Et avec ça dit, il avait tourné le dos à celui qui fut son meilleur ami. Sans plus un regard, sans remords ou regrets. Ce soir-là il se souvint cependant n’avoir guère dormi, ayant passé une plus grande partie de la nuit à observer le ciel nocturne. Les étoiles étaient cachées par d’épais nuages cette nuit-là… Peut-être au fond regrettait-il un peu. Etait-ce vraiment nécessaire qu’ils se séparent ? N’auraient-ils rien pu faire ? Il pensait qu’ils avaient terminé leur amitié proprement, mais par la suite, quand ils se revirent, ils ne purent rester courtois l’un envers l’autre. Entre les regards assassins et les remarques cinglantes, il n’y avait vraiment plus rien entre eux.
Mookyûl secoua la tête revenant à la réalité. Il ne servait à rien de s’appesantir sur le passé. Il s’avança un peu plus dans la pièce jusqu’à voir totalement Hyuk, encore occupé à pester contre la porte close. Il ne l’avait pas encore remarqué et quand Hyuk se retourna vivement, Mookyûl pu voir la surprise mixée à quelque chose d’autre qu’il n’arrivait à définir, passer dans le regard de son ainé. Visiblement il ne s’attendait pas à se retrouver nez à nez avec lui. Et Mookyûl devait avouer que c’était réciproque. Il vit la mine renfrognée de son ainé qui se détourna sans plus lui accorder d’attention pour se précipiter vers la porte par laquelle il venait d’entrer. Alors que Hyuk tentait vainement d’ouvrir la porte fermée par une volonté qui lui échappait, il se décida à prendre la parole. « Ça ne sert à rien de t’acharner. Cette porte restera close. » Court et concis. Suffisamment pour attirer l’attention de son ainé, et trop pour que cela lui semble une explication convenable. Mookyûl sentait Hyuk pester et fulminer intérieurement, c’était facile de deviner le mécontentement de l’Yunikon. Après des années d’amitié, il avait appris à le connaître. Il le vit se retourner dans un mouvement à la fois résigné et agacé, presque exaspéré, pour finalement lui adresser son sourire le plus hypocrite tout en le regardant droit dans les yeux. Mookyûl ne pouvait s’empêcher de laisser un certain amusement le gagner en dépit de la situation. Oui, c’était facile, presque trop facile de tirer sur la corde sensible de son ainé. « Je doute que tu ais eu la folie de vouloir t’enfermer avec moi, je me trompe ? », fut la réponse sommes toute sarcastique qu’il obtenu. Il ne prit même pas la peine de répondre à haute voix. Un haussement de sourcil, une mine mimant l’outrage accompagnée d’un rictus moqueur et ironique, qui disait clairement : « Non, tu crois ?! », fut tout ce qu’il fallut à l’ainé pour qu’il comprenne le message. Non, en effet, Mookyûl n’était pas venu chercher la compagnie de son ainé, surtout pas de son ainé, en déplaise à l’égo de Hyuk, se fit-il quelques illusions à ce sujet. Hyuk enchaina ensuite avec la prochaine question dans l’ordre logique des choses. « Tu peux m’expliquer ce que tu fous ici ? Non en fait tais-toi, je veux même pas t’entendre. » S’il ne voulait au final, pas de réponse, qu’il lui sied, mais pourquoi alors gaspiller autant de salive inutilement. Peut-être voulait-il calmer ses nerfs, que Mookyûl sentait s’échauffer. Ou peut-être voulait-il juste meubler le silence des lieux. Qui sait, et surtout qu’importait. Mookyûl n’en avait que faire, même s’il avouait qu’il préférait le silence mortuaire de la pièce au monologue de Hyuk. Il n’avait nullement besoin d’un oratoire de la haute volaille qu’était son ancien ami ce soir. Oui, on pouvait aisément comparer Hyuk à un coq, ou à un renard. Les deux en fait… « Sincèrement, ta tête me donne toujours autant envie de la claquer. Mais bon, c’est pas nouveau tu vois. T’es tellement resté gamin qu’au final, encore aujourd’hui je ne m’imagine pas avoir une discussion normale avec toi. » La voix de son ainé qui avait fini de tourner en rond dans la pièce tel un lion en cage, coupa court à ses pensées. Il ne prit même pas la peine de relever la pique ouverte qu’il lui lançait. Après tout, il serait vraiment gamin, comme il dit, de s’abaisser à répondre à ce genre de provocation niaise. De plus, ce n’était qu’un semblant de provocation. Il y avait quelque chose que Mookyûl avait remarqué à force de fréquenter l’Yunikon. Il n’était pas sûr que Hyuk lui-même s’en soit jamais rendu compte, mais quand il est nerveux, l’ainé à tendance à se mettre à parler beaucoup. Et pas de manière agréable, toujours des paroles cyniques et blessantes même si elles étaient déguisées sous une couche de miel. Hors, au vu du comportement de Hyuk, il était à peu près clair pour Mookyûl qui le connaissait, que son « camarade » était sur les nerfs. A cause de quoi il ne saurait le dire. Claustrophobe ? Non, peu probable, il n’avait jamais connu cette pathologie à Hyuk durant leurs années d’amitié. Peur d’être de se retrouver seul avec lui ? Non, improbable là aussi, et carrément risible. Il sentit d’ailleurs ses lèvres s’étirer davantage à cette pensée. Enragé de se retrouver enfermer avec la personne qu’il voulait le moins voir en cette heure avancée ? Totalement. Il ne put empêcher un petit ricanement moqueur de lui échapper. « C’est qui le gamin des deux, hein ? », ne put-il s’empêcher de penser alors que Hyuk s’acharnait contre la porte la plus proche enchainant sorts sur sorts dans l’espoir vain de la voir bouger. Visiblement, le rire du cadet et son inactivité notoire durant ces dernières minutes, n’étaient pas au goût de l’Yunikon, car vint alors une nouvelle remarque cinglante. « Tu voudrais pas aider un peu ? Je sais que tu n’es pas très intelligent mais tu pourrais faire des efforts ! »
A ces paroles, Mookyûl le regarda avec un petit rictus supérieur et narquois qu’il savait avait le don de mettre l’ainé hors de lui, avant de prendre la parole tout en ironie –bien sûr-. « Et bien, puisque Votre Majesté dans sa grande indulgence me donne à présent si gracieusement la parole, commença-t-il en faisait une révérence moqueuse, permettez moins de commencer par répondre à votre précédente question. Bien que vous ayez dit ne pas vouloir entendre ma réponse, je me dois cependant de vous dire qu’il serait bon que vous vous absteniez de la poser à nouveau. Après tout, toute existence grandiose que vous soyez, vous n’avez cependant ni l’intimité suffisante, ni l’autorité nécessaire pour me la poser. Nous ne sommes au fond qu’étrangers l’un pour l’autre… » Il avait achevé en relevant les yeux pour planter son regard dans celui de Hyuk, qui brillait d’émotions qu’il n’arrivait à définir. La colère était sans doute celle qui dominait. Il eut l’impression furtive de voir les doigts de son ainé se resserrer sur sa baguette, mais il ne s’attarda pas et enchaina. « Ensuite, pour revenir à notre présent problème Monseigneur, comme vous l’avez si bien dit vous-même, je ne suis qu’un pauvre simple d’esprit. Alors vraiment, que pourrait un cancre de mon espèce faire, Votre Grandeur ? C’est vous l’instruit, l’érudit, l’esprit brillant omniscient et omnipotent… Alors, Maître, je vous en pris, éclairez-nous de votre savoir et montrez donc à cet humble ignorant la manière de faire des grands hommes… », finit-il, son regard toujours planté dans celui de Hyuk, une lueur narquoise brillant au fond de ses prunelles. Il avait joint le geste à la parole et avait fait un geste de la main moqueur vers la porte en guise d’invitation à mettre ses paroles à exécution. Il eut l’impression pendant un instant que Hyuk allait très sérieusement sortir de ses gonds et l’étrangler. Pourtant, l’ainé resta visiblement composé, bien que se détourna d’un geste un peu brusque pour lancer un énième sort contre la porte. Sauf que celui-ci, un peu trop puissant, ricocha contre la porte close pour faire un retour à l’envoyeur, faisant voler quelques mètres plus loin la baguette du Hyuk. Mookyûl contempla la main brulée de son ainé et, s’il était conscient que ce devait être douloureux, il ne put s’empêcher de penser que c’était bien fait. Ça apprendra à son ainé à lancer des sorts n’importe comment contre une porte visiblement enchantée, pour passer ses nerfs. Hyuk fut irrité de sa contemplation impassible, et certainement de son comportement trop calme et composé pour la situation.
« Qu’est-ce que tu regardes ? Tu veux pas plutôt nous faire sortir d’ici plutôt que de rêver ? » Mookyûl roula des yeux, c’était peut-être drôle cinq minutes, mais après ça devenait lassant et agaçant. Il dégaina sa baguette et avant que son ainé ne puisse réagir, ou ne le voit même venir, Hyuk se prit un jet d’eau en pleine poire, pour dire les choses telles qu’elles sont. Aguamenti. Le sortilège qui invoquait de l’eau du bout de la baguette. Le jet qu’il avait invoqué n’était pas très puissant, après tout il ne voulait pas se risquer à faire des dégâts dans la salle. Il était juste assez fort pour que Hyuk aie l’impression de s’être pris un verre d’eau glacée sur la tête. Il devait avouer que l’expression complètement choquée et abasourdie peinte sur la figure dégoulinante de son ainé était particulièrement comique. Il eut beaucoup de mal à retenir le fou rire qui menaçait de lui échapper à tout instant. « Oups ?, tenta-t-il avec un une moue qui aurait presque pu paraître sincère et innocente ne serait-ce pour son sourcil moqueur haussé, l’expression amusée au fond de ses yeux sombres et le rictus moqueur qui s’était dessiné sur ses lèvres, Désolé, vraiment. Je voulais viser ta main brulée pour la soulagée, mais j’ai mal visé. C’est bête, hein ? Peut-être je devrais m’inquiéter de ma vue… Enfin bon, voyons le bon côté des choses, ça a au moins rafraichit ta tête qui commençait à enfler dangereusement. C’aurait été bête qu’elle finisse par exploser, c’aurait été une grande perte pour l’humanité… » Il acheva en lançant un regard sarcastique à son ainé qu’il voyait sur le point de commettre un meurtre. Mookyûl regarda la baguette dans ses mains, joua un peu avec avant de se redresser du mur contre lequel il s’était adossé, et se mit à arpenter la pièce, à l’opposé de Hyuk. Il finit par reprendre, toute trace de plaisanterie ayant disparu de son visage et de son ton. « Plus sérieusement, je te conseille de ranger ton jouet, dit-il en désignant du bout de sa baguette celle de Hyuk, si tu ne veux pas finir par y laisser quelques doigts. Je te l’ai pourtant dit avant je crois : ces portes sont closes et le resterons quoi que tu fasses. Tu aurais beau être le sorcier le plus doué de l’école que cela n’y changerait rien. D’ailleurs je ne suis même pas sur qu’une intervention extérieure les fasses bouger plus. Et ce n’est pas la peine de me regarder de la sorte, cet incident n’est absolument pas de mon fait…, enchaina-t-il en voyant le regard suspicieux de l’Yunikon qui semblait sur le point de dire quelque chose, crois bien que j’ai autre chose à faire de mon temps que d’échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent de ton espèce qui aime s’entendre parler autant qu’une drag queen aime se regarder dans un miroir. » Il fit une pause durant laquelle il tourna le dos à Hyuk pour contempler une horloge immobile et silencieuse comme toutes les autres. « Tu n’as vraiment toujours pas compris pourquoi on se retrouve dans cette situation, hein ? Vraiment, qui est l’idiot des deux…, ajoutât-il avec dédain, plus pour lui que pour son ainé, avant de reprendre. Alors laissez-moi vous éclairer, Votre Seigneurie », dit-il avec une nouvelle pointe de sarcasme. « On va commencer par un petit cours de rappel sur la magie si tu veux bien. La magie est une énergie que les sorciers sont capable de sentir et qu’ils ont appris à canaliser et à utiliser. Cependant, continuât-il un peu plus fort, sentant que Hyuk allait le couper d’une remarque sarcastique, on peut comparer la magie au reste des éléments de la nature, le feu, l’eau, l’air, la terre… On peut les utiliser, les manier, les modeler, mais jamais l’homme quel qu’il soit ne pourra le contrôler. C’est là, oui, toute la subtile mais très importante différence, qui a à voir avec notre problème. La magie au contraire du feu ou de l’eau, dispose de ce que l’on pourrait appeler une volonté propre, ce qui la rend ainsi capable de faire des choses absolument abracadabrante aux dépends des sorciers. Ou plus simplement, disons que c’est une enfant capricieuse. Il a souvent été rapporté des faits étranges qui se produisaient notamment en des lieux où une grande de quantité de magie avait été utilisé. Lors d’une bataille par exemple. Il n’est pas rare de trouver à l’emplacement d’anciens champs de bataille sorciers des choses bizarres. » Il fit une pause, pour s’assurer que Hyuk suivait bien le cours de ses pensées. « Oui, un endroit comme Akiwa par exemple, qui a été mis sans dessus-dessous par une bataille où une quantité non négligeable de sorts, puissants, ont été jetés. D’ailleurs tu n’es pas sans savoir qu’un certain nombre de bizarreries ont fait leur apparition au sein du château depuis. » Il s’arrêta à nouveau, voyant que son ainé avait finalement finit par assembler les pièces du puzzle. « Ah, finalement, tu as compris. Oui, exactement, une pièce comme celle-là, fit-il en tapant le bout de sa baguette contre la paroi vitrée d’une vieille horloge, a toutes les chances de finir par faire un caprice magique… Maintenant, je ne pense pas que cette situation fut provoquée sans but ou raison. On peut donc affirmer sans doute possible, que si s’avait été un autre sans lien aucun avec toi, qui avait pénétré dans la pièce, il est fort probable que ce ne soit pas arrivé. Quelque chose à dû la déclencher. Par exemple que tu aurais fait, dis, ou pensé, avant que je n’arrive. Parce que de mon côté, je ne pensais à rien de particulier en arrivant ici et pourtant la porte s’est verrouillée sitôt que j’eus mis un pied dans la pièce. Donc, forcément, l’origine doit être toi. Oh, je ne te demande pas de me dire ce que c’est…, commença-t-il sans laisser le temps à son ainé de répliquer quoi que ce soit. Parce que je pense en avoir déjà une bonne idée générale. Il suffit de réfléchir un peu et ce n’est pas très compliqué », ajouta-t-il en voyant l’air dubitatif de son ainé. Ilse tourna complètement les bras pour désigner l’ensemble de la pièce avant de reprendre. « On est dans la salle du temps qui depuis la bataille est restée figée à un point dans le passé. Et comme par hasard, la salle nous enferme, nous qui avions autrefois un lien… Allons, tu ne croyais tout de même pas que je n’arriverais pas à cette déduction. On était quelque chose autrefois, et ça a au moins servit à te connaître pour ce qui fut infructueux du reste. Et puis je pense que tu sais aussi bien que moi que cet uniforme bleu que je porte n’est pas là juste pour décorer. Toi, entre tous devrais savoir que je suis plutôt bon pour “assembler les puzzles”... » Il s’arrêta à nouveau pour s’adosser à une horloge en face de son ainé et en profita pour planter son regard dans le siens. « Et donc, la question est : qu’est-ce qu’on fait ? Parce que j’ai beau avoir pu deviner le plus gros, je ne sais pas exactement à quoi tu pensais et qui aurait pu déclencher cette situation. Mais une chose et sûre, on est coincés ici et je pense pouvoir affirmer qu’on risque de l’être pour un moment. Ce genre de magie née d’une volonté propre n’est pas sans raison. La salle attend quelque chose de nous. Quoi je l’ignore, mais j’ai dans l’idée que ce ne sera pas une partie de plaisir puisque l’on est visiblement incapable de communiquer et encore moins de coopérer… » Il fit une nouvelle pause avant de reprendre. « Je réitère donc ma question : que fait-on ? Puisque visiblement c’est toi qui détient les clés du problème… Et que j’aimerais dans la mesure du possible ne pas y passer la nuit... » Mookyûl se demandait sincèrement si en dépit de la situation, il serait possible de faire coopérer Hyuk qui n’était visiblement pas près à cracher le morceau. De plus, comme il l’avait dit, s’il avait deviné le problème, il n’arrivait cependant pas à deviner, à imaginer ce que la salle du temps pouvait bien attendre d’eux pour qu’elle daigne les relâcher…
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ma baguette : mesure 27,1 cm, est non flexible, possède un cœur de ventricule de dragon et est en bois de sycomore. Ces baguettes aiment les quêtes. Mais attention : celles -ci risquent de prendre feu si elles s'ennuient ! On peut se douter que le possesseur idéal de cette baguette aime l'aventure, est curieux et possède une grande vitalité. Elle montrera également une grande capacité d'apprentissage si le propriétaire lui convient.
wizard's spellbook :
→ Éviter à tout prix Seo Ok pour éviter d'être ennuyé par cette fausse idiote. Et puis, elle se colle trop à mon zooplancton.
→ Ne pas frapper Mookyûl, pas s'énerver. Juste sourire même quand il est vraiment proche des tentacules de sa sainteté.
→ Penser à arrêter de remballer Mae, ça sert vraiment à rien. Communiquer avec elle est une chose impossible.


MessageSujet: Re: Le temps n'est qu'un partenaire de jeu du sort qui s'amuse avec l'avenir   Ven 10 Fév - 10:19

Le Yunikon était tendu, stressé et énervé. Tout cela résultait d’un seul et unique sentiment : le malaise. De voir Mookyûl à un moment il ne l’avait pas prévu. Mais surtout pendant un instant où il repensait justement à leur passé. Il n’avait pas choisi de dériver dans ces images. Il n’avait pas choisi d’entendre la voix enfantine. C’était juste une heure où il regrettait d’avoir été si stupide. Pourquoi suivre les quatre adultes ? Lui non plus ne pensait pas toujours que ce qu’ils disaient été bon ou juste. Pourtant, il les a suivi. Pourquoi ? Peut-être par peur de devenir comme Seo Ok. Rejeté par ses parents et son oncle et sa tante. Non, ça il ne le voulait. Il a tout fait pour ne pas vivre ainsi. Devenu menteur, égoïste, manipulateur, hypocrite. Il s’est mentit à lui même. Mais après tout, il n’est que l’enfant de ses parents. N’est-il pas normal qu’il soit devenu ainsi ? Peut-être que oui, peut-être que non. Alors, qu’en il avait vu Moo, tout s’était effondrait. Il était devenu nerveux. Ne sachant pas se contrôle pour agir normalement. C’était toujours ainsi quand il était stressé. Il parlait inutilement. Sortait des phrases plus folles que ses pensées. Et agissait comme un parfait abrutit. C’était sa manière de se protéger. De mettre des barrières. Inévitablement, le visage de son ami lui faisait pensé à l’enfant qu’il fut. Inévitablement, son cœur se serra si fort qu’il se détesta de ne pas pouvoir faire taire cette douleur. Il laissa sa main sa baguette comme si cela dépendait de sa vie.
Hyuk n’arrivait pas réellement à se défaire du passé. Il n’arrivait pas réellement à accepter ce qu’il avait abandonné. Le bonheur qu’il avait troqué contre la sécurité. Certes, il était vu comme un être parfait par tous mais au fond, il devenait un peu plus cendre chaque jour. Pourtant si vous lui posiez la question, il vous répondrait qu’il referait la même chose encore et encore. Seulement, peut-être qu’il changerait quelques détailles. Quelques instants. Juste pour ne pas avoir un mal de crâne à chaque fois qu’il les croise. Juste pour que sa raison se taise une bonne fois pour toute. « On ne se correspond plus Moo. Je vais continuer ma route. Seul. » Sans doute, il ne prononcerait pas ces paroles. Il aurait expliqué ses peurs à son ami. Il aurait tenté de lui faire comprendre pourquoi il était devenu ainsi. Mais est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Si Hyuk avait dit qu’il faisait cela par peur, serait-il plus excusable ? Sans doute non. Parce que jamais il n’a, et n’aurait pas tenté de changer. Et il se souvient encore de ce que son ami lui avait répondu ce jour là. Quand tout avait cessé. « Bien. Je voulais te tenir les mêmes propos, mais tu m’as devancé, alors il n’y a plus rien à dire je crois. Je suis simplement content que tu aies pu comprendre toi aussi que cela ne servait plus à rien de continuer cette mascarade. Au moins on a pu finir ça proprement, en personnes matures et responsables. Au moins on n’aura pas eu à salir le passé, c’est une bonne chose. Sur ce, si tu veux bien m’excuser, mes amis m’appellent…, avait-il dit en désignant un petit groupe d’adolescent qui l’appelait en faisant des signes de la main, Portes-toi bien Hyuk-nim. Au revoir. » Il se souvient avoir regardé partir Mookyûl en restant de marbre. Son corps ne laissait rien paraître. Ni joie ni tristesse. Ni sourire ni grimasse. Mais il se souvient que lorsqu’il a appelé ces inconnus des amis et qu’il l’a appelé Hyuk-nim, il avait comprit qu’il ne pourrait jamais lui faire face calmement. Il avait comprit qu’à leur prochaine rencontre, il ne pourrait pas rester calme. Il ne pourrait pas faire honneur au passé. Il savait. Alors il avait tout fait pour l’éviter. Quand il était entré à Akiwa, c’était un soulagement. Il ne pouvait plus le croiser. Mais, son ancien ami dû y venir un jour. Et cela devint un enfer vivant. Parce qu’au plus loin qu’il se souvienne, toutes leurs rencontres dégénéraient. En grande partir par sa faute. À cause, du malaise, de la nervosité, il devenait parfois horrible. Il serait mentir de dire que Hyuk aurait voulu que son ami supporte son changement. Il serait mentir de dire que les jours qui ont suivis cette séparation ne furent pas horribles. Il n’avait cessé de regarder l’album qu’il avait confectionné durant toute son enfance. Voyant les images mouvantes de eux, riant, rigolant, se disputant ou s’amusant. Et c’est sans doute pour cela qu’il a caché cet album dans le grenier, dans une boite protégée. Au plus loin de lui.

« Ça ne sert à rien de t’acharner. Cette porte restera close. » Il avait raison et Hyuk le savait parfaitement. Depuis l’instant où il avait tenté de contrôler son calme et qu’il s’était acharné contre cette porte, il savait que ses actions étaient devenues inutiles. Il ne faisait que s’énerver, lui qui ne voulait pas rencontre Mookyûl. Ses coups se faisaient plus forts après que l’autre ait parlé. Ses poings se crispaient plus durement et sa tête évitait tout contacte visuel avec l’autre. Pourvu que cela le protège. Pourvu que cela le préserve. Et bien, puisque Votre Majesté dans sa grande indulgence me donne à présent si gracieusement la parole, Hyuk tourna un regard rempli de haine vers son mai en l’écoutant continuer son discours, permettez moins de commencer par répondre à votre précédente question. Bien que vous ayez dit ne pas vouloir entendre ma réponse, je me dois cependant de vous dire qu’il serait bon que vous vous absteniez de la poser à nouveau. Après tout, toute existence grandiose que vous soyez, vous n’avez cependant ni l’intimité suffisante, ni l’autorité nécessaire pour me la poser. Nous ne sommes au fond qu’étrangers l’un pour l’autre… » Hyuk savait très bien dans quelle genre de relation ils s’étaient installés. Il savait que le Muneo avait depuis longtemps tiré un trait sur eux. Il savait que le Mookyûl qu’il avait en face de lui, il ne le connaissait pas. C’était un parfait inconnu avec une enveloppe qui n’était que l’évolution de celui qu’il avait connu. Pourtant, il serait hypocrite de dire qu’il n’a pas ressentit une pointe de douleur à l’entente du discours très ironique de Mookyûl. Esquissant un léger sourire, Hyuk laissa l’autre dans son monologue tout en se laissant bouillir d’une certaine rage. Si bien que lorsqu’il rencontra ses yeux, il rétrécie les siens et serra les dents. Préférant revenir à sa tâche, s’acharnant contre une porte qui n’avait eu que le malheur de l’enfermer, il se raidit en entendant à nouveau la voix de Mookyûl. « Ensuite, pour revenir à notre présent problème Monseigneur, comme vous l’avez si bien dit vous-même, je ne suis qu’un pauvre simple d’esprit. Alors vraiment, que pourrait un cancre de mon espèce faire, Votre Grandeur ? C’est vous l’instruit, l’érudit, l’esprit brillant omniscient et omnipotent… Alors, Maître, je vous en pris, éclairez-nous de votre savoir et montrez donc à cet humble ignorant la manière de faire des grands hommes… » Hyuk l’érudit ? Oui, on n’avait fait que lui répéter durant des années. Combien il était beau. Combien il était intelligent. Combien il était digne de reprendre l’affaire familiale. Quitte à évincer sans scrupule sa cousine. Ses paroles, fières et piquantes avaient encore plus excité le pauvre Yunikon qui s’acharna encore plus contre la porte pour la forcer à s’ouvrir mais tout en retenant un gémissement de douleur il prit soin de ne pas croiser le regard de Mookyûl. L’éviter évitera à Hyuk de laisser son calme se briser en morceaux. La main brûlée le faisait suffisamment souffrir pour ne pas tenter de bouger au moins un doigt. Ramassant silencieusement sa baguette. Honteux que Mookyûl ait assisté à pareil manquement. Ainsi, après avoir lancé une phrase encore plus inutile que les précédentes, Hyuk se prit de l’eau en pleine tête. Et contrairement à son état normal, quand il était près de Mookyûl il ne voyait rien. Il aurait pu se faire écraser par un éléphant, qu’il ne l’aurait pas vu. Les cheveux trempés sur l’avant, le visage dégoulinant sur ses vêtements, il remonta doucement un regard meurtrier vers Mookyûl. Un mélange de surprise, colère et confusion sur son visage déformé par les sentiments, il se rapprocha de son ancien ami. « Oups ? » Hyuk haussa un sourcil. Juste oups ? Il venait de se cramer la main et maintenant il se faisait saucer par Mookyûl et juste oups ? Rien d’autre ? Il fulminait de rage. Serrant son poing de sa main brûlée. Tirant sur la chair fondue, un sentiment de douleur se rajouta sur son visage. « Désolé, vraiment. Je voulais viser ta main brulée pour la soulagée, mais j’ai mal visé. C’est bête, hein ? Peut-être je devrais m’inquiéter de ma vue… Enfin bon, voyons le bon côté des choses, ça a au moins rafraichit ta tête qui commençait à enfler dangereusement. C’aurait été bête qu’elle finisse par exploser, c’aurait été une grande perte pour l’humanité… » C’est bête ? S’inquiéter de sa vue ? Il laissa échapper un petit cri de frustration en se retournant vers Mookyûl. Toujours adossé contre le mur, jouant avec sa baguette, son attitude était totalement provocatrice. Un peu trop pour lui. « Tu es désolé ? Juste désolé ? Ta vue ? Aussi loin que je te connaisse, tu as une vue parfaite espère d’abrutit ! Te fous pas de moi ! » Après avoir prononcé ces paroles, il se sentit un peu mieux. L’eau l’ayant véritablement refroidit, il ne se voyait réfuter la totalement la thèse du Muneo. Cependant, jamais il ne confirmera les paroles de Mookyûl. Il était un abrutit point. Un abrutit qui avait su le calmer avec un sort simpliste. « Plus sérieusement, je te conseille de ranger ton jouet » Son jouet ? Non, finalement Hyuk se reprend et confirme que l’autre et bien un abrutit qui avait tort sur toute la ligne. « si tu ne veux pas finir par y laisser quelques doigts. Je te l’ai pourtant dit avant je crois : ces portes sont closes et le resterons quoi que tu fasses. Tu aurais beau être le sorcier le plus doué de l’école que cela n’y changerait rien. D’ailleurs je ne suis même pas sur qu’une intervention extérieure les fasse bouger plus. Et ce n’est pas la peine de me regarder de la sorte, cet incident n’est absolument pas de mon fait… » Le pire, c’est qu’il savait que Mookyûl avait raison. Alors doucement il laissa son visage reprendre une apparence normale. Il rangea sa baguette dans sa poche. Il passa une main sur son front avant de laisser glisser ses doigts vers son oreille. Un geste qu’il avait depuis l’enfance et qui signifiait que Hyuk s’était calmé. Qu’il reprenait doucement e contrôle de soi. Il savait parfaitement que Mookyûl n’aurait pas fait une chose pareille. Il n’avait aucune raison pour qu’il veuille du Yunikon avec lui dans une pièce clause. Et ça, Hyuk en état parfaitement conscient. Quelqu’un ou plutôt quelque chose en était la cause. Et ces horloges ou cette pièce était sûrement à l’origine du phénomène. « crois bien que j’ai autre chose à faire de mon temps que d’échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent de ton espèce qui aime s’entendre parler autant qu’une drag queen aime se regarder dans un miroir. » Hyuk haussa doucement les épaules en riant des propos de Mookyûl. L’image prise par son ancien ami était tout à fait drôle et pas tout à fait fausse. Assez pour que Hyuk oubli un instant qu’il ne devrait peut-être pas rire de lui même. Cependant, après tout, s’il s’énervait encore, il allait s’en prendre pleins la gueule. Et dans tous les sens du terme. Il n’allait pas jouer les hypocrites mais reprendre droit sur le calme qui le caractérisait tant habituellement. « Ok ok j’ai compris le génie. Pas besoin de me refaire un monologue ok ? Sincèrement, je suis dans le même cas que toi. Je préfèrerai accorder mon temps à d’autres préoccupations que toi. C’est pas nouveau pour nous deux. Pas besoin de faire un paragraphe sur le sujet une nouvelle fois. » Il observa Mookyûl se tourner vers une horloge et il se laissa glisser contre le mur pour finalement s’asseoir sur le sol. Chose qu’il n’aurait jamais fait en temps normal. Hyuk doit être parfait et impeccable. Et la perfection ne s’assoit pas sur le sol. Pourtant, il n’était pas parfait. Et comme par le passé, seul Mookyûl avait cette sorte de privilège. « Tu n’as vraiment toujours pas compris pourquoi on se retrouve dans cette situation, hein ? Vraiment, qui est l’idiot des deux… » Non, Hyuk n’en avait aucune idée. Il avait été totalement paniqué. Lui qui juste avant pensait au passé et qui la minute suivante se retrouvait enfermé avec celui à qui il pensait : il avait été pris de court. Peur de ne pas savoir et pouvoir gérer la situation. Peur de paraître faible. Peur de provoquer la pitié au lieu de la rage. « Alors laissez-moi vous éclairer, Votre Seigneurie » Tout en riant de la phrase de Mookyûl, il pencha doucement la tête en arrière pour la laisser toucher le mur et calmement, il écouta le Muneo.. « On va commencer par un petit cours de rappel sur la magie si tu veux bien. La magie est une énergie que les sorciers sont capable de sentir et qu’ils ont appris à canaliser et à utiliser. Cependant, Oui, il se souvenait encore de ça. Son cerveau n’était pas celui d’un poisson rouge heureusement pour lui. Mais il ne voyait pas encore ou son ancien ami voulait en venir. Il n’en voyait ni trop le lien ni trop le rapport. « on peut comparer la magie au reste des éléments de la nature, le feu, l’eau, l’air, la terre… On peut les utiliser, les manier, les modeler, mais jamais l’homme quel qu’il soit ne pourra le contrôler. C’est là, oui, toute la subtile mais très importante différence, qui a à voir avec notre problème. La magie au contraire du feu ou de l’eau, dispose de ce que l’on pourrait appeler une volonté propre, ce qui la rend ainsi capable de faire des choses absolument abracadabrante aux dépends des sorciers. Ou plus simplement, disons que c’est une enfant capricieuse. Il a souvent été rapporté des faits étranges qui se produisaient notamment en des lieux où une grande de quantité de magie avait été utilisé. Lors d’une bataille par exemple. Il n’est pas rare de trouver à l’emplacement d’anciens champs de bataille sorciers des choses bizarres. » Esquissant un sourire, il commençait doucement à voir de quoi Mookyûl parlait et où il voulait en venir. Cependant, il n’arrivait pas à saisir l’idée exacte de son idée. « Oui, un endroit comme Akiwa par exemple, qui a été mis sans dessus-dessous par une bataille où une quantité non négligeable de sorts, puissants, ont été jetés. D’ailleurs tu n’es pas sans savoir qu’un certain nombre de bizarreries ont fait leur apparition au sein du château depuis. » Et donc, le fait que tous les deux soient enfermé dans cette pièce venait de rajouter une bizarrerie à la liste du château. Sauf que cette fois, c’était moins drôle car ils étaient en plein dedans. Il était les acteurs principaux de problème. Et personnellement Hyuk ne voulait pas crever dans cette pièce. « Donc tu penses que c’est la pièce, ou une de ces foutues horloges qui ont tout déclancé ? Qui ont fermé les portes et qui refusent de nous laisser sortir ? » Demana-t-il tout en ne quittant pas le sol. Son dos, parfaitement reposé en arrière. « Ah, finalement, tu as compris. Oui, exactement, une pièce comme celle-là » Hyuk soupira en secouant la tête. Il aurait mieux fait de cracher sur la vitre de l’hologe plutôt que de la contempler remplis de nostalgie. « a toutes les chances de finir par faire un caprice magique… Maintenant, je ne pense pas que cette situation fut provoquée sans but ou raison. On peut donc affirmer sans doute possible, que si s’avait été un autre sans lien aucun avec toi, qui avait pénétré dans la pièce, il est fort probable que ce ne soit pas arrivé. Quelque chose a dû la déclencher. Par exemple que tu aurais fait, dis, ou pensé, avant que je n’arrive. Parce que de mon côté, je ne pensais à rien de particulier en arrivant ici et pourtant la porte s’est verrouillée sitôt que j’eus mis un pied dans la pièce. Donc, forcément, l’origine doit être toi. Oh, je ne te demande pas de me dire ce que c’est…, Et là, le puzzle se finissait. Mookyûl avait raison. Hyuk était la cause de cette situation. Parce qu’il avait pensé au passé… À l’époque où il était ami avec Mookyûl. Parce que je pense en avoir déjà une bonne idée générale. Il suffit de réfléchir un peu et ce n’est pas très compliqué » Et là, il se mit à paniquer. Avait-il comprit à quoi pensait Hyuk ? Non, il pouvait et ne devait pas savoir. Les pensées de Hyuk à son encontre ne devaient jamais être su. Tout comme les regrets envers Seo Ok. C’était son secret. Peut-être la seule chose qu’il était sûr qui n’appartenait et qui n’était contrôlé que par lui. On est dans la salle du temps qui depuis la bataille est restée figée à un point dans le passé. Et comme par hasard, la salle nous enferme, nous qui avions autrefois un lien… Allons, tu ne croyais tout de même pas que je n’arriverais pas à cette déduction. On était quelque chose autrefois, et ça a au moins servit à te connaître pour ce qui fut infructueux du reste. Et puis je pense que tu sais aussi bien que moi que cet uniforme bleu que je porte n’est pas là juste pour décorer. Toi, entre tous devrais savoir que je suis plutôt bon pour “assembler les puzzles”... » Oh oui Hyuk le savait mais n’avait-il pas le droit d’espérer ? Il avait suffisamment connu Mookyûl pour savoir que son intelligence n’était pas légère. Il savait que son entrée à la maison Muneo était largement justifiée. Il savait qu’il avait largement sa place à l’intérieur. Pourtant, il aurait voulu qu’il ne fasse pas pareil rassemblement. Quitte, finalement, à crever enfermé dans cette pièce. « Et donc, la question est : qu’est-ce qu’on fait ? Parce que j’ai beau avoir pu deviner le plus gros, je ne sais pas exactement à quoi tu pensais et qui aurait pu déclencher cette situation. Mais une chose est sûre, on est coincés ici et je pense pouvoir affirmer qu’on risque de l’être pour un moment. Ce genre de magie née d’une volonté propre n’est pas sans raison. La salle attend quelque chose de nous. Quoi je l’ignore, mais j’ai dans l’idée que ce ne sera pas une partie de plaisir puisque l’on est visiblement incapable de communiquer et encore moins de coopérer… » Il se releva doucement en prenant soin de ne pas blesser encore plus sa main et il soupira. Plusieurs fois d’ailleurs. « Je réitère donc ma question : que fait-on ? Puisque visiblement c’est toi qui détient les clés du problème… Et que j’aimerais dans la mesure du possible ne pas y passer la nuit... » Et tout en restant à une distance qu’il jugeait nécessaire, il releva ses yeux vers Mookyûl. Il prit lentement sa respira et se lança. « Moo… » Si il utilisait ce surnom, c’était pour raison précise. Il ne s’adressait pas en tant que Hyuk l’hypocrite, il ne parlait pas à Mookyûl du présent, il parlait à l’enfant que l’autre fut un jour. Et s’il agissait ainsi, c’était uniquement parce qu’il allait demander une faveur. Lui qui avait toujours était si fier ces dernières années. Mais les phrases de Mookyûl l’avaient perturbé et rester dans cet salle allait le tuer. Il pouvait deviner que l’autre était contrarié qu’il utilise son surnom. Il ne devrait pas. Il n’en avait plus le droit. « C’est à Moo que je pensais avant que tu n’entres ok ? C’était à toi, c’est sans doute pour ça que les portes se sont verrouillées. Et je ne pensais pas à toi au présent… » Il passa une main dans ses cheveux, détourna les yeux et se mit à rire nerveusement. « Je pensais à avant. Quand… Quand on était amis et que je n’étais pas un parfait abrutit. Ne m’en demande pas plus le génie. Sincèrement, tu n’as sûrement pas envie d’entendre la suite et cela ne doit pas t’intéresser. Tu as raison. Et maintenant ? Je ne sais pas quoi faire de plus que toi… » Si, Hyuk savait parfaitement ce qu’il avait souhaité en touchant l’horloge. Il se souvient de quoi il avait rêvé pendant un instant. Un retourneur de temps et un moment remplis de rire et d’insouciance. Mais ça, même si la pièce les enfermait, ce n’était pas possible. Alors il se dirigea rapidement vers les horloges. Se plaçant à côté de Mookyûl et il observa l’horloge. Passant à nouveau ses doigts dessus. « C’est impossible. Infaisable. Je voulais un retourneur de temps. Pas être enfermé dans une pièce. Ca n’a aucun sens… » Mais la magie, malgré qu’elle soit doté d’une certaine indépendance, n’écoutait sûrement pas les paroles orales. Ou peut-être croyait-elle sincèrement que Mookyûl et Hyuk pouvait s’amuser ensemble ? Quelle folie. Et Hyuk paniquait parce que si c’était véritablement ça, que la pièce attendait, ils n’étaient pas prêts de sortir d’ici. Posant son front sur la vitre de l’horloge, il ferma les yeux et prit son courage à deux mains. « On sortira pas d’ici Mookyûl. Sans mensonge, si cette pièce attend un miracle, peut-être qu’elle se fera une raison. Et même si elle n’attend pas exactement ce à quoi je pensais, ça n’arrivera pas. On s’insupporte mutuellement et faire l’hypocrite avec toi pour sortir d’ici non merci. » Jouer avec lui pour sortir ? Non. Parler avec fausse sympathie pour sortir ? Encore moins. Il repartit s’asseoir contre un mur de la pièce tout en laissant ses jambes allongées. Il leva les yeux vers le plafond un soupira. Sa main blessée posée sur sa cuisse et l’impuissance au fond du cœur. Il n’avait pas voulu provoquer cela. Il n’avait pas voulu créer cela. Et maintenant il était perdu. Désemparé. Perdu. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas comment agir. Seul, il aurait pris le temps de réfléchir, de penser. Il aurait trouvé une solution. N’importe laquelle pourvu qu’elle soit bonne. Mais là, en sachant que Mookyûl n’était qu’à quelques mètres, il avait l’impression d’être contrôlé. « Tu dois me trouver ridicule hein Mookyûl ? » Il savait qu’il devait faire peine. Lui d’habitude si fort et si fier. Il semblait si faible à présent. « J’ai redouté ta rentrée à Akiwa tu sais ça ? Je ne savais pas comment réagir face à toi. Est-ce que je devais sourire comme je le faisais avec tout le monde ? Est-ce que je devais être poli et respectueux ? Est-ce que je devais te considérer comme un simple collègue ou un inconnu ? Au final, j’ai pas pu m’empêcher de te détester. Et encore maintenant te voir m’énerve. » Il fouilla dans ses poches un instant, tentant de trouver un objet et tira l’objet de sa poche. Il fit tourner l’anneau entre ses doigts. Dessus était gravé l’emblème familial. « Mais bon, tu devais t’en douter ? Les chiens ne font pas des chats. » Laissant l’anneau finir de tourner dans sa paume, il le passa à sa main saine et soupira. « Sincèrement, j’ai rêvé des nuits durant ne pas me soucier de toi si je te voyais un jour. L’ignorance est le meilleur des mépris. Mais tu sais quoi Mookyûl ? Dans le fond, je suis incapable de te mépriser. Mais quand j’ai vu la facilité avec laquelle, toi, tu pouvais m’ignorer, je ne l’ai pas supporté. Oh je sais, j’ai moi-même mis fin à tout. C’était inévitable. Cela ne rimait plus à rien. Mais je crois que j’avais oublié que j’avais une conscience. » Riant doucement il releva les yeux vers le Muneo. Hyuk devinait que ses paroles devaient surprendre son ancien ami. Pourquoi Hyuk parlait-il si calmement ? Pourquoi parlait-il de ça si soudainement ? Que lui arrivait-il ? Qu’attendait-il ? Rien. Strictement. « Mais je te hais Mookyûl. Pour pas mal de chose. Je te déteste pour pleins de raison. Ne te fais pas d’illusion hein ? Je suis pas faible. Je rêve de t’envoyer balader tous les jours. » Mais tu rêves Hyuk. Tu penses souvent à lui. Tu penses à ce que tu as perdu. Tu penses à ce qu’il a gagné avec celui qui tu aimes. Et tu te détestes. Car au final la haine que tu projetés sur les autres n’est que le dégoût de toi-même. « Donc sincèrement, je suis plutôt satisfait que ça te fasses autant chier que moi d’être enfermé ici. Profite bien du long séjour même si on n’est pas en pension complète. Une langue de vipère pourra toujours te divertir pour te fouetter le sang. »
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ma baguette : elle mesure 21,5cm, est très flexible, possède un cœur de crin de licorne et est en bois de cèdre. les sorciers possédant une baguette en bois de cèdre, surtout lorsqu'elle est accompagnée d'un cœur de crin de licorne, sont généralement les plus loyaux et les plus fidèles. ils cachent un caractère bien trempé, selon certains marchands ! on dit qu'on ne peut jamais les berner, et la baguette en bois de cèdre ne se sent à l'aise que dans la perspicacité et le discernement. jamais on n'aura l'idée de mettre en colère un possesseur d'une telle baguette, surtout si c'est en attaquant un de ses proches ! tu représentes un adversaire potentiel redoutable, et ta magie, lorsqu'elle atteint sa maturité, est très consistante.
wizard's spellbook :

FICHE LIENS
♦ Convaincre Yong de s'excuser auprès de Seo Ok
▬ C'est pas gagné, mais on va pas baisser les bras.
♦ Éviter une rencontre aussi malencontreuse que désastreuse entre les frères Ahn
▬ Ça... Ça devrait aller...Peut-être... Je pense... J'espère...
♦ Éviter les situations awkward avec Ji Eun
▬ C'est déjà assez compliqué comme ça, alors on va éviter que ça parte en live
♦ Ne pas laisser de distance s'installer avec Mae, sinon c'est foutu
▬ Plus facile à dire qu'à faire, notre relation est en train de s'effriter à vitesse grand V, et tout ça à cause de ce type. Ça me rend fou, mais je veux pas non plus la perdre.
♦ Rester calme avec Hyuk, surtout ne pas perdre son sang froid
▬ C'est pas gagné, surtout en ce moment avec Mae. Et ça s'appelait un jour mon ami. Des conneries.
♦ Ne pas céder et aller voir Lucy pour oublier mes problèmes entre ses bras
▬ C'est vraiment, vraiment tentant, s'envoyer en l'air et oublier tout le reste pendant quelques instants sans se poser de questions... Mais en même temps ce serait vraiment moche pour Mae, je sais pas si ma conscience me le pardonnerait.
♦ Découvrir se qui se trame vraiment entre les jumeaux Choi
▬ Parce que même si j'adore jouer les futurs fiancés avec Min Ah et malmener un peu la fierté de Min Hyeok, j'aimerais bien avoir le fin mot de cette histoire.
♦ Ne pas se mettre à fumer
▬ C'est pas gagné... A force de voir les gens autour de moi fumer et de voir mes problèmes s'accumuler, ça commence à devenir tentant pour passer mes nerfs...


MessageSujet: Re: Le temps n'est qu'un partenaire de jeu du sort qui s'amuse avec l'avenir   Mer 7 Mar - 2:37

Lorsqu’il avait commencé à parler, il avait bien vu les poings de Hyuk se crisper davantage et son regard éviter soigneusement le sien. Il voyait parfaitement bien l’effort que l’autre faisait pour se contrôler pour chacun des mots cinglants qui sortaient de sa bouche, pour chaque goutte de venin qu’il déversait sur lui avec une lenteur et une malice calculée et mesurée au millimètre près. Il frappait insidieusement là où il savait que ça ferait le plus mal. Il appuyait sur toutes les cordes sensibles de son ancien ami. Il savait très bien comment faire, parce qu’il connaissait bien son ainé et qu’au fond ce dernier n’avait pas changé. Et c’était peut-être ça le plus rageant dans l’histoire. Alors il déversait sa propre frustration sur lui, comme Hyuk le faisait lui-même. Il voulait lui faire mal. Le toucher. Le faire réagir. Mais surtout lui rappeler que tout était de sa faute. Lui rappeler où ils en étaient à présent à cause de lui. Que c’était lui qui avait changé. C’était lui qui avait creusé ce fossé entre eux. C’était lui qui avait trahi leur neutralité après avoir mit fin à leur amitié. Que c’était lui qui avait fait de ce qu’ils avaient un jour eut, un champ de bataille sanglant. C’était lui qui avait trainé dans la boue tous leurs souvenirs et leurs promesses d’enfants…
« Dis, Hyuk… De nous deux, qui est-ce que tu crois qui sera marié le premier ? », Avait-il un jour demandé à son ami lorsqu’ils avaient respectivement dix et treize ans. Hyuk l’avait regardé avec une certaine surprise avec de réfléchir d’une manière dubitative. « Je ne sais pas, pourquoi ? » Le petit Mookyûl fit une petite moue pensive, cherchant visiblement la meilleure manière de formuler ses pensées. « Et bien… Tu sais, j’ai pensé, comme on n’a pas de frère, ni de sœur toi et moi… Et bien, quand on se mariera et qu’on aura des enfants, on pourrait être les témoins et parrains l’un de l’autre… Ah, mais est-ce qu’on sera encore aussi proches dans quelques années ? »
Il avait laissé échapper cette dernière interrogation à haute voix sans vraiment s’en rendre compte. Pourtant, il se souvient encore de la réaction qu’avait eut Hyuk, de son rire clair et amusé, ainsi que de sa réponse. « Pff, qu’est-ce que tu racontes ? Bien sûr qu’on sera toujours amis, tu l’as dit toi-même il y a longtemps tu te souviens ? Et puis on n’a qu’à faire une promesse tout les deux… Où que l’on soit et quoi que l’on devienne dans le futur, on restera amis et on pourra toujours compter l’un sur l’autre quoi qu’il arrive. Et quand on se mariera on sera le témoin de l’autre. Et on sera le parrain du premier enfant de chacun… » Il avait vraiment été naïf à l’époque de croire en toutes ces belles foutaises. Connerie. Menteur. Traitre. Si rien dans son apparence, dans son regard, dans son expression ou dans son comportement ne trahissait son tumulte intérieur, il ne pouvait qu’avouer qu’au fond il n’était pas aussi calme qu’il aimerait l’être. Se retrouver enfermer dans cette salle en particulier avec Hyuk commençait à éroder sa patience et son calme à lui aussi. D’autant plus que lui avait déjà analysé et compris la situation dans laquelle ils étaient dans son ensemble. Et il savait de ce fait qu’il ne pouvait malheureusement rien faire, ce qui ne faisait que le frustrer davantage. Surtout avec tous ces souvenirs… désagréables qui remontaient à la surface. Il était plutôt content que Hyuk soit à nouveaux occupé à s’acharner après la porte et lui tournait donc le dos. Ainsi, son ainé ne vit pas sa mâchoire et ses poings se serrer, pas plus qu’il ne le vit fermer brièvement les yeux pour reprendre contenance.
Il fut distrait de ses pensées quand la baguette de Hyuk vola à plusieurs mètres de son propriétaire. Il avait observé son ainé - qu’il devinait un peu honteux de sa situation face à lui – aller ramasser sa baguette. Et quand ce dernier lui lança une énième remarque cinglante, des plus inutiles, il avait retenu tant bien que mal un soupir agacé avant de se décidé à employer les grands moyens. Son ancien ami avait l’air tout particulièrement ridicule en cet instant, la figure dégoulinante d’eau, qu’il devinait glacée, suite à la petite douche forcée qu’il venait de lui offrir. Et quand celui-ci remonta avec lenteur un regard des plus meurtrier vers lui, il ne put s’empêcher d’en rajouter une couche en formulant un petit « oups », des plus moqueurs et qui n’avait rien de sincère. Et Hyuk le savait très bien si l’on en jugeait par le sourcil qui s’était relevé à l’entente de ce petit mot et qui semblait lui dire : « tu te fous de ma gueule ou ça va ? ». Et quand il enchaina avec une excuse des plus hypocrites, s’en fut trop pour son ainé qui laissa échapper un petit cri d’exaspération. « Tu es désolé ? Juste désolé ? Ta vue ? Aussi loin que je te connaisse, tu as une vue parfaite espère d’abrutit ! Te fous pas de moi ! » Après avoir déversé sa colère, Hyuk sembla se clamer quelque peu et Mookyûl sans se départir de son rictus moqueur, haussa davantage son sourcil avant de laisser un petit son moqueur et amusé lui échapper. « Allons, allons, pas la peine de s’énerver pour si peu. Après tout ce n’est qu’un pauvre petit accident de rien du tout qu’un adulte aussi réfléchit que toi ne devrait avoir aucun mal à gérer… Parce que tu vaux mieux qu’un gamin de trois ans, pas vrai Hyuk ? », Lança-t-il avec une nouvelle pique, histoire de mettre davantage à rude épreuve les nerfs de son ainé. IL ne savait pas trop si il souhaitait vraiment le faire sortir de ses gonds pour de bon, le voir perdre sa parfaite petite maitrise de lui et son masque d’hypocrite, ne serait-ce que quelques instants. Mais au fond à quoi cela pourrait bien servir ? A rien, il en était persuadé. Après tout, qu’espérait-il après toutes ces années ? Des excuses, des explications ? Non. Il n’en avait plus que faire de tout ça à présent. Ces pensées emportèrent avec elles toute trace de plaisanterie. Il était redevenu sérieux, et il savait que le mieux à faire à présent était de pouvoir sortir d’ici au plus vite. Il n’avait pas envie de prolonger ce désagréable tête-à-tête avec son ainé, pourtant il savait aussi que –malheureusement– seul ce dernier possédait les clés de cette énigme. Et ça ne lui plaisait pas vraiment parce que cela voudrait dire qu’ils allaient devoir coopérer, come deux adultes responsables… Cette pensée lui tira un petit rictus amer alors qu’il se mit à arpenter la pièce. Adulte responsable, hein ? Aussi loin qu’il était concerné, la dernière fois quand Hyuk aurait du se conduire ainsi, il avait fait tout le contraire. Et voilà où ils en étaient. Enfin bon, quand il n’y a pas le choix, il n’y a pas le choix. Alors autant s’acquitter de cette corvée au plus vite pour ensuite pouvoir enterrer cet épisode tout aussi rapidement.
Pourtant, il s’étonna de voir Hyuk obtempérer quand il lui dit de ranger sa baguette. Il sentit une boule d’amertume remonter dans sa gorge en voyant le geste que faisait toujours son ainé pour se calmer. Il devrait être plutôt content de voir Hyuk coopérer au vu de la situation, mais cela lui laissait au contraire un sentiment plutôt mitigé. Il ne put retenir une nouvelle remarque acide qui sembla beaucoup amuser son ainé puisque celui-ci ne put retenir un rire qu’il ne chercha même pas à dissimuler. « Ok ok j’ai compris le génie. Pas besoin de me refaire un monologue ok ? Sincèrement, je suis dans le même cas que toi. Je préfèrerai accorder mon temps à d’autres préoccupations que toi. C’est pas nouveau pour nous deux. Pas besoin de faire un paragraphe sur le sujet une nouvelle fois. » Le ton lui avait presque semblé normal. Il détourna son attention sur une horloge proche et sentit Hyuk dans son dos, se laisser aller à s’asseoir sur le sol. Cela le fit imperceptiblement tiquer. Cette situation était presque comique. Leur relation aurait presque dû être ainsi si l’ainé n’en avait pas décidé autrement. Presque. Peut-être qu’au final, c’était mieux qu’ils se soient complètement détournés l’un de l’autre. Auraient-ils vraiment pu agir comme si de rien était et entretenir une relation neutre. Maintenant qu’il en avait un aperçu, il n’en était plus si sûr. Pas si sûr non plus d’être capable d’accepter une pareille relation sur la durée compte tenu de leur passif. Non. Sûrement en seraient-ils à nouveau arrivés au point de rupture. Et s’il voulait être tout à fait honnête, la réaction que son ancien ami avait eue lorsqu’ils s’étaient revus n’était peut-être pas aussi exagérée qu’il l’avait jugée. Et s’il voulait être encore davantage honnête, avec lui-même notamment, si ce qu’ils étaient devenus ne l’avait pas dérangé comme il avait voulu le croire, si la contemplation de leur chemins désormais si éloignés ne l’avait pas touché au fond, pourquoi aurait-il alors prit la peine de répondre aux remarques acides de son ainé ? En temps normal, compte tenu de son caractère, il l’aurait juste ignoré et passé son chemin, et Hyuk aurait bien finit par se lasser face à son manque de réponse et de réaction. Or, il était là, à échanger sarcasmes et paroles empoisonnées avec le Yunikon. Et maintenant plus que jamais, alors qu’ils se trouvaient tout deux dans cette situation, il se rendait compte qu’au fond c’était lui et lui seul qui avait continué à entretenir et attiser les feux de leur rancœur. Non. Faux. Les feux de sa propre rancœur, car il ignorait de quelle manière Hyuk voyait les choses. Ainsi c’était donc lui qui avait plus que l’autre maintenant ce fil ténu qui les reliait entre eux et à leur passé. Il ne pouvait que se traiter mentalement d’imbécile. Sérieusement. Comment avait-il pu ne pas s’en rendre compte et surtout qu’espérait-il en maintenant un semblant de relation avec son ainé, aussi mauvaise soit-il… Il était sans doute un peu hypocrite lui aussi. Mais ça, jamais il ne l’avouerait. Et surtout, jamais il ne laisserait en ancien meilleur ami connaître le fond de sa pensée et de ses sentiments.
Il préféra détourner ses pensées du passé pour se reconcentrer sur le problème actuel en reprenant la parole, toujours avec autant de sarcasme qu’auparavant. Il entendit d’ailleurs Hyuk rire à nouveau d’une de ses railleries alors qu’il lui tournait le dos. Il finit par se retourner au cours de son récit pour découvrir que son ainé s’était confortablement calé contre le mur le plus proche et avait laissé sa tête reposer en arrière. Et quand il acheva d’assembler la première partie du puzzle, son ainé pris finalement la parole. « Donc tu penses que c’est la pièce, ou une de ces foutues horloges qui ont tout déclenché ? Qui ont fermé les portes et qui refusent de nous laisser sortir ? » Non il ne le pensait pas, il en était malheureusement certain. Enfin heureusement aussi jusqu’à un certain point, parce qu’au moins ça lui aura évité de gaspiller inutilement de l’énergie et de se retrouver avec une main brûlée comme Hyuk. Mais il préféra ne pas relever et continua sur sa lancée en confirmant les doutes de l’Yunikon. Et acheva d’une traite l’assemblage du puzzle. Lorsqu’il avait dit qu’il connaissait les causes de leur confinement, il avait sentit brièvement, une fugace surprise émanant de son ainé. Surpris de quoi ? Hyuk, qui le connaissait quand même bien aurait du se douter qu’il finirait par assembler tout les morceaux pour former une suite aussi logique et vrai que 1 + 1 = 2. Pourtant, il y avait bien une chose qu’il ne s’expliquait pas dans toute cette histoire, quelque chose qui n’avait à ses yeux et compte tenu de leur situation, aucun sens. Il était pour sa part absolument certains qu’il n’avait en pénétrant dans la pièce, aucune pensée concernant son ainé, ou leur passé, ou son passé tout court en entrant dans la salle. Et donc sa seule arrivée et la seule présence de l’ainé n’aurait pas dû déclenche pareil fiasco. Car c’était bien de ça dont il s’agissait. D’un beau fiasco dans lequel ils se retrouvaient empêtrés. Et donc, quelque chose devait forcement l’avoir déclenché. Hors la seule cause plausible qui se présentait à lui n’était autre que son ainé. Pourtant cette déduction lui semblait improbable car il avait bien du mal à imaginer Hyuk s’appesantir sur le passé. A moins que son ainé n’était pas le seul responsable de leur situation. La salle avait très bien pu « lire » en eux… Il réprima tant bien que mal un frisson à cette pensée. Il n’aimait pas tellement l’idée d’être observé de l’intérieur. Or, pour être tout à fait franc, c’est tout à fait l’impression qu’il avait depuis qu’il a pénétré dans la salle du temps d’ordinaire si silencieuse. C’est comme si on les observait. Il laissa ces pensées de côté pour achever son monologue par la question fatidique qui s’imposait à eux tout en observant son ainé se relever tout en faisant attention à sa main blessée. Il se sentit tiquer lorsqu’il l’entendit plusieurs fois soupirer. C’était plutôt lui qui avait envie de soupirer de tout son saoul. Il était certain qu’ils n’étaient pas sortis de l’auberge vu comment ils étaient partis et surtout, que cette mésaventure était loin d’être terminée. Non, en fait, il était intimement convaincu que leur petite « soirée » ne faisait que commencer. Bon au moins, la seule consolation qu’il pouvait avoir était de se dire que les choses ne pouvaient pas être pires. « Moo… » Ou pas. C’était sans doute la pire soirée de toute sa vie en six ans de scolarité à Akiwa. Il devait être maudit ce soir, ou quelque chose d’approchant pour mériter telle torture. Ce seul petit mot sorti de la bouche de son ancien ami, sans qu’il ne le voie venir, sans qu’il ne s’y attende, avait réussi à fissurer sa façade calme. Cela lui avait fait l’effet d’un électrochoc. Il n’avait pu retenir le léger sursaut qui l’avait secoué, tout comme il n’avait pu empêcher ses yeux de s’agrandir sous le choc. Il avait eut l’impression de s’être fait brûlé à vif par un tisonnier chauffé à blanc. « Moo », ce surnom qu’il lui donnait quand ils étaient amis, le surnom que lui seul avait le droit d’utiliser… Comment osait-il après tout ce temps, après tout ce qui c’est passé ? Comment osait-il en ce lieu et en cette situation prononcer ce mot ? Et surtout, comment osait-il l’appeler ainsi en le regardant droit dans les yeux ? Il ne voulait pas l’entendre, ni maintenant, ni plus jamais d’ailleurs. Il serra sa mâchoire et ses deux yeux se plissèrent en deux fentes et le regard mauvais et menaçant qu’il jeta à son ainé ne laissait aucun doute quant à ses pensées. « Ne m’appelle plus jamais comme ça, ne t’avise plus jamais de prononcer ce mot. » Voilà ce que disait son regard encore plus sombre que d’habitude en cet instant. C’était un ordre, un impératif qui n’admettais aucune réplique, ni négociation. Il s’apprêtait d’ailleurs à siffler haut et fort ses pensées pour une bonne mesure, mais Hyuk ne lui en laissa pas le temps, reprenant nerveusement la parole. Il était évident que son ainé avait parfaitement compris et reçu son message, et sans doute avait-il jugé plus sage de continuer sur sa lancer pour calmer le jeu, pour ne pas réveiller l’eau qui dort, comme on dit. « C’est à Moo que je pensais avant que tu n’entres ok ? C’était à toi, c’est sans doute pour ça que les portes se sont verrouillées. Et je ne pensais pas à toi au présent… » Tout en passant une main dans ses cheveux, Hyuk se mit a rire nerveusement et Mookyûl ne put que se mordre l’intérieur de sa joue pour ne pas laisser s’échapper une remarque acerbe qui ruinerait le petit bout de chemin vers leur liberté –enfin c’est qu’il espérait- qu’était en train de creuser l’Yunikon. Il prit une profonde inspiration avant de pincer ses lèvres, de serrer un peu plus sa mâchoire et ses poings avant de se recaler le plus confortablement possible –compte tenu de la tension qui habitait tout son corps, faisant se tendre chacun de ses muscles- contre l’horloge qui se trouvait dans son dos. « Je pensais à avant. Quand… Quand on était amis et que je n’étais pas un parfait abrutit. Ne m’en demande pas plus le génie. Sincèrement, tu n’as sûrement pas envie d’entendre la suite et cela ne doit pas t’intéresser. Tu as raison. Et maintenant ? Je ne sais pas quoi faire de plus que toi… » Il disait qu’il n’en savait pas plus. Génial. Retour à la case départ. Et maintenant, ils font quoi concrètement si son ainé disait vrai. Oui, parce qu’au fond c’est de Hyuk dont on parlait, alors impossible d’être sur qu’il disait la vérité, ou tout du moins entièrement. D’ailleurs il sentait bien dans le comportement du turquoise que celui-ci ne disait pas tout. Qu’autre chose lui brulait les lèvres sans trop oser le prononcer à haute voix. Pourtant Hyuk sembla se décider. S’il avait gardé une distance respectable entre eux, il s’approchait à présent de lui assez rapidement. Il se tendit encore davantage si c’était possible lorsque son ainé vint se poster à ses côtés pour faire face à une horloge. Il la contempla un moment avant de laisser ses doigts glisser sur la paroi vitrée, quelques mots à peine murmurés accaparant soudain toute son attention. « C’est impossible. Infaisable. Je voulais un retourneur de temps. Pas être enfermé dans une pièce. Ca n’a aucun sens… » Un retourneur de temps ?! Qu’est-ce que c’était encore que ce délire ? Hyuk, vouloir un retourneur de temps ? Et surtout pourquoi faire ? Quoi qu’il en soit, il était à peut prêt sûr que demain tout les océans de cette bonne vieille planète auraient gelés. Il en avait déjà entendu des choses hallucinantes, mais celle-là remportait tous les trophées. Hyuk avec un retourneur de temps en main, c’était bien la chose la plus improbable qui soit aux yeux de Mookyûl en cet instant. D’ailleurs le court de ses pensées semblait déjà avoir gelé lui, car il ne releva même pas quand Hyuk l’appela par son prénom, le front posé sur la vitre de l’horloge qui lui faisait face. « On sortira pas d’ici Mookyûl. Sans mensonge, si cette pièce attend un miracle, peut-être qu’elle se fera une raison. Et même si elle n’attend pas exactement ce à quoi je pensais, ça n’arrivera pas. On s’insupporte mutuellement et faire l’hypocrite avec toi pour sortir d’ici non merci. » La salle, s’attendre exactement à ce à quoi il pensait ?! Qu’est-ce que c’était censé vouloir dire ça au juste ? A quoi avait pensé Hyuk au juste en se rendant dans la salle du temps ? A quoi avait-il donc bien pu penser pour souhaiter posséder un retourneur de temps ? Pour se rendre dans le passé ? Pour changer quelque chose ? Quoi, lesquelles ? Non, une minute… Hyuk lui avait dit il y a quelques minutes à peine que c’était à lui, à leur amitié passée qu’il pensait juste avant que lui-même ne vienne… Alors, cela voudrait-il dire que son ainé… ? Non, c’était impossible. Tout bonnement ridicule. Pourquoi Hyuk voudrait-il retourner à l’époque où ils étaient amis ? Cela n’avait absolument aucun sens. Enfin pour lui ça n’en avait aucun. Pour une fois il n’arrivait pas à connecter les circuits pour que la lumière se fasse. De toute façon, depuis que Hyuk avait avoué que c’était à lui, à eux, à leur amitié passée qu’il pensait avant qu’il n’arrive, une partie de ses pensées s’étaient brutalement arrêtée en cour de route, freinant avec elles une partie de ses capacité de réflexion. Il n’était plus très sûr de comprendre la situation, ni de savoir où elle allait. Il vit à peine son ainé s’éloigner à nouveau pour aller se rasseoir contre un mur de la pièce, tout comme il entendit à peine quand celui-ci reprit la parole. Il l’entendait sans l’entendre. Enfin ce n’était pas qu’il ne l’entendait pas, c’était plutôt qu’il avait du mal à imprimer les paroles de son ainé alors que son esprit était à des kilomètres et des années de là. « Tu dois me trouver ridicule hein Mookyûl ? » Un peu oui, il devait l’avouer. Parce que Hyuk penser au passé et vouloir un retourneur de temps, c’était un peu -pour ne pas dire beaucoup- out of this world… Mais bon, il ne devait pas avoir l’air d’être beaucoup mieux lui-même en ce moment. Et puis, vu la situation dans laquelle ils étaient, le ridicule n’avait plus que peu d’importance. « J’ai redouté ta rentrée à Akiwa tu sais ça ? Je ne savais pas comment réagir face à toi. Est-ce que je devais sourire comme je le faisais avec tout le monde ? Est-ce que je devais être poli et respectueux ? Est-ce que je devais te considérer comme un simple collègue ou un inconnu ? Au final, j’ai pas pu m’empêcher de te détester. Et encore maintenant te voir m’énerve. » A l’entente de ces paroles, son regard qui était resté à fixé le vide devant lui, notamment suite au choc des premières révélations de l’Yunikon, reporta lentement son attention sur son ainé. Il le vit extraire de sa poche un objet, un anneau. Il le connaissait bien. C’était l’anneau qui portait l’emblème de la famille Park et dont Hyuk avait hérité. Lui aussi en possédait un, une magnifique chevalière qui arborait fièrement le blason et les couleurs familiales des Lee. Son grand-père la lui avait offerte pour sa majorité et il la portait presque toujours au doigt. Il ne la laissait bien à l’abri dans son dortoir qu’en de très rares occasions. « Mais bon, tu devais t’en douter ? Les chiens ne font pas des chats. », Ajouta Hyuk alors qu’il passait son anneau à sa main intacte. Il le regarda faire et l’écouta sans broncher. Il préférait écouter Hyuk vider son sac. Il n’avait de toute façon pas la tête actuellement à quoique ce soit d’autre. Les révélations de son ainé –qu’il n’aurait jamais pensé entendre un jour, soit dit en passant- semblaient l’avoir vidé de toute énergie et volonté à continuer de se chamailler de manière puérile –somme toute- avec lui. Ce dernier laissa d’ailleurs un soupir lui échapper avant de reprendre. « Sincèrement, j’ai rêvé des nuits durant ne pas me soucier de toi si je te voyais un jour. L’ignorance est le meilleur des mépris. Mais tu sais quoi Mookyûl ? Dans le fond, je suis incapable de te mépriser. Mais quand j’ai vu la facilité avec laquelle, toi, tu pouvais m’ignorer, je ne l’ai pas supporté. Oh je sais, j’ai moi-même mis fin à tout. C’était inévitable. Cela ne rimait plus à rien. Mais je crois que j’avais oublié que j’avais une conscience. » Hyuk se mit à rire faiblement avant de relever les yeux vers lui et que leurs regards ne se croisent à nouveau. Incapable de le mépriser… ? C’était bien là, la nouvelle du siècle. Tout dans le comportement de son ainé depuis qu’ils s’étaient revus indiquait le contraire. Enfin, il faut dire que le sien avait été tout aussi équivoque et qu’il n’avait rien fait pour arranger la situation. Au contraire au lieu de l’ignorer, il avait versé de l’huile sur le feu, attisant de ce fait sa propre rancœur. Hyuk se trompait. Lourdement. Cela n’avait rien eu de facile et il ne l’avait pas ignoré. Non. Loin de là. S’il l’avait vraiment ignoré, l’Yunikon n’aurait pas réussi à lui soutirer un mot en six ans. Hors ce n’était pas vraiment ce qui s’était passé. Loin de là. « Mais je te hais Mookyûl. Pour pas mal de chose. Je te déteste pour pleins de raison. Ne te fais pas d’illusion hein ? Je suis pas faible. Je rêve de t’envoyer balader tous les jours. » Il le détestait ? « Tant mieux, bienvenue au club », avait-il été tenté de lui répondre. Mais ce qu’il ne comprenait, ni n’acceptait, c’était que ce dernier lui dise qu’il le haïssait pour « pas mal de choses ». Ah oui ? Et c’était quoi ces « choses » au juste ? Parce que d’aussi loin qu’il s’en souvienne et jusqu’à preuve du contraire, si ce n’est répondre à ses sarcasmes pas d’autres sarcasmes, Mookyûl n’avait strictement rien fait pour que son ainé ne le déteste pour « pas mal de choses ». A moins que cette haine ne remonte à plus loin qu’Akiwa ? Non. Il ne pensait pas. Tout du moins l’espérait. Parce que sinon, sur quoi au final aurait été fondé leur amitié passée ? Mais il ne pouvait jamais en être trop sûr. C’était Hyuk. Et Hyuk est un excellent comédien, un hypocrite manipulateur de première. Il a très bien pu l’approcher étant enfant à la demande de ses parents pour obtenir quelque chose… Non, il ne voulait pas y penser. Il se réfréna de serrer un peu plus ses poings mais son froncement de sourcil qui revint et ses yeux qui se plissèrent pour jeter un regard sombre à son ainé ne passèrent pas inaperçu. Parce qu’au fond, c’était lui qui avait mille et une raison d’en vouloir à Hyuk et de le détester. Oui parce que même s’il nourrissait une grande rancœur à l’égard de son ainé, il ne le détestait pas. Mais maintenant qu’il y repensait, quelque chose ne collait pas dans ce que disait Hyuk. Il disait rêver de l’envoyer balader tout les jours et pourtant il était là, ce soir, coincé avec lui parce qu’il avait pensé à leur passé et qu’il avait espérer un retourneur de temps. Il se contredisait. Oui, c’était cela. En un sens, même si cette situation l’irritait, il se détendit un peu, rassuré de pouvoir à présent être quasiment sûr que Hyuk ne l’avait pas manipulé quand ils avaient été amis. « Donc sincèrement, je suis plutôt satisfait que ça te fasses autant chier que moi d’être enfermé ici. Profite bien du long séjour même si on n’est pas en pension complète. Une langue de vipère pourra toujours te divertir pour te fouetter le sang. » Il n’entendit pas vraiment la dernière phrase de Hyuk, un petit sourire amusé étirant à présent ses lèvres. Il retint tant bien que mal le tremblement qui secoua ses épaules avant de se laissé glisser le long de la paroi de l’horloge contre laquelle il était adossé, pour se retrouvé assis par terre lui aussi. Il releva une jambe pour poser son front contre son genou, cachant ainsi son visage à la vue de son ainé, les mèches tombantes de ses cheveux voilant son expression. C’était idiot. Complètement stupide. Et puis surtout, cette histoire de retourneur de temps… Non vraiment, c’était… Il ne put contenir un nouveau tremblement de ses épaules. « …icule… Pfff… Hahahaha » Il n’arrivait plus à contenir le fou rire qui secouait tout son corps et éclata cette fois, franchement de rire sans pouvoir se contrôler. Il ne sait combien de temps il resta là à rire, le visage enfoui dans son genou, mais cela devait faire suffisamment longtemps pour commencer à inquiéter son ainé. Il fallait avouer que Mookyûl perdre sa maitrise de lui-même et se mettre soudain à rire dans pareille situation, alors que la tension était clairement palpable, avait de quoi inquiéter et faire peur à n’importe qui. Même après avoir entendu la voix de son ainé le rappeler à la réalité, il lui fallut un petit moment pour réussir à se calmer. Il essuya les larmes qui avaient commencé à perler au bord de ses yeux à force de rire, tout en reprenant son souffle petit à petit. « Désolé, je sais que la situation ne prête pas à rire, mais…, il contint un nouveau rire qui secoua ses épaules avant de relever la tête et de planter son regard dans celui de son ainé, c’est vraiment trop hilarant pour ne pas en rire… Pfff ! » Il avait de plus en plus de mal à maitriser le fou rire qui menaçait à nouveau de l’empêcher de parler. Il place une main devant sa bouche dans une dernière tentative de se maitriser. « Toi… Un re… Retourneur de temps ?! Hahaha ! » Et voilà, il éclata une nouvelle fois de rire. Il sentit la surprise de son ainé face à sa réaction, tout comme il sentait le regard à présent outré de se dernier face à l’hilarité qu’avaient provoquées ses petites « confessions » chez Mookyûl. Quand il réussit à nouveau à se calmer, il fouilla dans une poche de son pantalon pour en extraire un mouchoir propre et se saisit de sa baguette. « Hahaha, sérieusement, un retourneur de temps… C’est bien la dernière chose à laquelle je m’attendais de ta part. Quelle bulle d’air à bien pu te passer par la tête franchement. Même si tu en avais eu un, qu’est-ce que tu pouvais bien espérer faire avec ? Ridicule ? Je ne sais pas si c’est le mot le plus exact pour qualifier tout ça, mais à défaut d’en trouver un mieux, oui, c’était stupide à pleurer. Surtout la manière dont tu te contredis, c’est tout aussi hilarant. Et pour tous les efforts que tu as faits, ça mérite bien un lot de consolation… », Acheva-t-il en effectuant un petit geste précis du poignet avec sa baguette au-dessus du mouchoir qui commença à s’étirer lentement avant de prendre la forme d’une bande. « Tiens, pour ta main. », dit-il tout en lançant la bande à son ainé. « Mais plus sérieusement, reprit-il, je crois que tu te trompe lourdement sur un point. Je pensais qu’en aillant été mon meilleur ami pendant des années tu me connaîtrais mieux que ça, mais apparemment ce n’est pas le cas… Réfléchis un peu, connaissant ma personnalité, si je t’avais vraiment et aussi facilement ignoré que tu le prétends, tu crois vraiment que j’aurais à aucun moment pris la peine de répondre à tes sarcasmes ou de t’en lancer ? On ne tire pas un trait sur des années d’amitié aussi facilement et encore moins sans qu’il n’y ait de casse. Au fond, c’était inéluctable qu’on en arrive là… » Il se tût à nouveau, laissant le silence reprendre ses droits pendant quelques instants, détournant le regard pour le laisser se perdre dans le vide devant lui. Il prit une grande inspiration avant de reprendre la parole, toute trace de plaisanterie et de légèreté disparue de son expression à présent très sérieuse et solennelle, presque dure. « Dis… Pour revenir à ce que tu as dis avant, quand tu as dit que tu me haïssais… J’aimerais beaucoup savoir ce qu’il voulait dire ce “pour pas mal de chose ”… » Il planta à nouveau son regard dans celui de son ainé. C’était un regard froid, dur, perçant, inquisiteur, presque menaçant. « Parce que jusqu’à preuve du contraire, celui qui devrait avoir des doléances à faire à l’autre se serait plutôt moi, non ? Après tout, c’est toi qui à changé, c’est toi qui m’a fui, c’est toi qui a tout foutu en l’air quand on c’est revus, c’est toi qui a commencé la guerre et c’est toi qui a brisé toute nos promesse, non ?, Hyuk ? » Son ton était froid et tranchant, et pourtant il était en contraste aussi très calme et bas. Cette alchimie était mauvaise, très mauvaise. Et Hyuk devait avoir parfaitement compris qu’à ce moment, Mookyûl ne plaisantait pas et qu’il n’admettrait aucun écart. Le moindre petit faux pas pourrait lui couter cher. Mookyûl attendait des réponses et il les aurait et Hyuk devait parfaitement savoir qu’il ne pourrait lui échapper, ni se défiler. « Alors vraiment, je suis curieux, très curieux de savoir ce que tu sous entendait pas “pour pas mal de choses”, hmm ? Après tout, je n’ai fait que répondre aux sarcasmes que tu as commencé à lancer. Rien de plus, rien de moi. Donc vraiment j’ai du mal à comprendre ce que j’aurais pu te faire d’autre pour que tu me détestes… A moins, bien sûr… que toute cette haine ne remonte à… plus loin ? Quand on était encore amis, par exemple ? Ah, mais attends, si c’est ça, alors cela voudrait dire que l’on a jamais été amis toi et moi, que tu m’as mentit sur tout la ligne… » Le ton qu’il avait employé aurait presque pu paraître innocent et frivole, mais Hyuk devait très bien savoir qu’il n’en était rien. Bien au contraire, il aurait mieux valu qu’il hurle plutôt qu’il reste d’un calme olympien. « Donc, reprit-il, ce que je disais, c’est que tu as très bien compris où je voulais en venir, pas vrai Hyuk-hyung ? Je pense que tu dois savoir que la liste des choses qui réussissent à m’énerver est courte et que celle des choses que je ne pardonne pas l’est encore plus. En fait elle pourrait presque tenir sur les doigts d’une main. Et comme elle si courte, tu dois savoir que les conséquences pour l’une d’elle sont d’autant plus grandes. Tout comme tu dois savoir que la chose la plus impardonnable chez c’est… la trahison. Alors, vraiment j’aimerais beaucoup éclairer ce point avec toi, se serait stupide de créer un malentendu sur des paroles mal comprises, pas vrai ? Et puisque comme tu l’as si bien souligné, on a tout notre temps, ici, en tête à tête, sans risquer d’être déranger,… » Il laissa le reste de sa phrase en suspend. Hyuk avait parfaitement compris où il voulait en venir. Il en était convaincu. Après tout son ainé n’était pas stupide et en plus il le connaissait bien. De tout façon, même un idiot aurait compris que le petit sourire qu’il arborait en cet instant et qui aurait pu paraître sincère aurait en vérité eut de quoi glacer un inferius jusqu’à la moelle.
En réalité Mookyûl était presque entièrement sûr que Hyuk avait été sincère avec lui quand ils étaient amis et qu’il n’avait jamais cherché à le manipuler d’une manière ou d’une autre. Mais il voulait simplement en être sûr, ne plus pouvoir laisser le moindre doute planer sur le bien fondé de leur amitié passée. Et puis surtout, il voulait l’entendre de la bouche de son ainé. Quoi exactement ? Il n’en savait trop rien. Mais il voulait savoir, entendre la réponse de Hyuk de sa propre bouche. Il voulait lui faire cracher le morceau. Peut-être voulait-il juste entendre que leur amitié avait compter aussi pour Hyuk… Après tout, ce dernier avait si bien commencé sur sa lancée, se serait dommage qu’il s’arrête en si bon chemin, pas vrai ? Alors autant qu’il lui soutire tout ce qu’il le pouvait. Autant qu’il obtienne réponse à certain de ses pourquoi maintenant qu’il en avait l’occasion. Même si il devait exagérer un peu… Oui, parce que s’il lui demandait normalement, l’autre l’enverrait balader… Et puis vu la situation, autant se détendre comme on le pouvait, même au dépends de son compagnon d’infortune en lui donnant quelques sueurs froides, juste pour le plaisir de le mettre mal à l’aise en lui faisant savoir qu’il était acculé et qu’il ne pouvait s’échapper. Il savait pertinemment que Hyuk détestait ce genre de situation où il était en position de faiblesse. Surtout si son adversaire, s’était lui, son ancien meilleur ami.
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Le temps n'est qu'un partenaire de jeu du sort qui s'amuse avec l'avenir

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